Le problème, quand on détient illégalement des objets, c’est de s’en débarrasser. A fortiori si ce sont des œuvres d’, a fortiori si elles sont répertoriées et connues. Bien sûr, si vous avez au mur La Liseuse de Vermeer réalisée en canevas par votre grand-mère ou la Vue de Delft sur un couvercle de boîte de chocolats, pas de souci. En revanche, si c’est votre fiston qui a dévalisé le musée du coin ou votre papa qui a spolié de riches collectionneurs juifs pendant la guerre, c’est plus compliqué. On a vu comme ça des toiles finir au fond d’un canal ou dans la cheminée.

C’est, nous apprend l’hebdomadaire allemand Focus, ce qui a pourri la vie de ce pauvre Gurlitt junior, condamné à passer sa vie dans un sombre gourbi munichois où son papa Hildebrand avait entassé près de 1.500 tableaux de maître achetés à vil prix dans les années 30 et 40 du siècle dernier.

Sale bonhomme, ce Hildebrand Gurlitt. D’abord inquiété par les nazis en raison de sa grand-mère juive, il était devenu leur fidèle soutien, jusqu’à « se rendre indispensable auprès des dignitaires du IIIe Reich, grâce à ses innombrables contacts et à ses immenses connaissances artistiques ». Il fut même le VRP de Goebbels, chargé de vendre à l’étranger des « tableaux d’“art dégénéré” exposés dans des musées allemands ». Inquiété à la fin de la , il s’en sortit en remettant en avant ses origines juives, expliquant même avoir « aidé des juifs et des artistes persécutés en achetant leurs biens ». Et c’est ainsi que Hildebrand Gurlitt se constitua une collection estimée aujourd’hui autour d’un milliard d’euros.

Gurlitt junior a donc passé sa vie le nez sur des chefs-d’œuvre. Bien planqués à l’abri du monde et de la lumière, au milieu de boîtes de conserve périmées et de détritus, nous dit-on. De temps en temps, il sortait une toile d’entre les ordures et s’en allait la vendre en sur le marché parallèle.

Il paraît que figure dans la collection Gurlitt un tableau de Matisse ayant appartenu à Paul Rosenberg, le richissime collectionneur et marchand d’art. Une toile qu’il avait cédée à l’aigrefin munichois avant son départ pour New York. C’est Anne Sinclair, sa petite-fille, qui va être contente de récupérer ce bien familial. Cela fera quelques millions de plus à son joli .

5 novembre 2013

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