En 2011, Manuel Valls publiait son livre Sécurité : la gauche peut tout changer. Et, s'il écrivait trouver "toujours un peu creuse " l'opposition entre " et liberté", il brocardait cependant ceux qui tentaient "d'échapper à ce piège idéologique en affirmant, rapidement, que la sécurité est la première des libertés".

Stupeur ! Quatre ans plus tard, ce 19 novembre, à l'Assemblée nationale, Manuel Valls devenu Premier ministre reprend la formule à son compte et, même, la martèle devant les députés. Les socialistes au pouvoir, après six attentats commis sur notre sol en moins d'un an, prendraient-ils enfin conscience des limites de leur idéologie libertaire ? Ou ne serait-ce pas là, aussi, et peut-être avant tout, une formidable occasion de lancer un slogan de tout temps particulièrement payant au plan électoral ?

Assurer la des citoyens dans leur pays est un devoir absolu de l'État. Sauf que Manuel Valls, il y a deux ans, en refusant la liste des noms des djihadistes français combattant en Syrie que lui proposaient les services de renseignement syriens venus en France, a failli. C'est ce que révèle Bernard Squarcini à Valeurs actuelles, et ce que rapporte dans un entretien dans Le Figaro.

Sauf que ne pas revenir sur la politique migratoire, alors que trois des huit terroristes  "se sont glissés" parmi les migrants, fait sérieusement douter de la sincérité de Manuel Valls.

Sauf qu'à quelques semaines des régionales et dans un tel contexte sociétal, la sécurité prendra indubitablement toute la place de cette campagne électorale.

En effet, du Premier ministre Lionel Jospin, en 1997 à Villepinte, affirmant qu'« un citoyen dont la sécurité n'est pas assurée ne peut exercer son droit à la liberté », au ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant (PS), en 2001, déclarant que "face aux menaces terroristes, assurer la sécurité des personnes et des biens dans le respect de nos valeurs ne peut être attentatoire à la liberté et à nos libertés [...]", ou encore au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, en 2002, qui entendait lutter contre les quatre millions de crimes et délits en France, lançait "La sécurité, première des libertés", le slogan s'avère, le notait Robert Badinter, "un filon électoral […] reçu comme la rosée sur le désert".

Le plus drôle, si j'ose dire, dans cette histoire de slogan ? C'est, en 1992, à l'occasion des régionales en PACA, sur une affiche de campagne, Jean-Marie Le Pen posant, sa petite fille Marion dans les bras, au-dessus desquels s'inscrivait "La sécurité... première des libertés" !

Alors, Manuel Valls, un hypocrite, un cynique, un opportuniste qui veut couper l'herbe sous le pied de ses opposants ?

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23 novembre 2015

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