Culture - Editoriaux - International - Théâtre - 12 décembre 2015

Pas de bombes italiennes sur la Syrie, mais des places de théatre

Matteo Renzi, chef du gouvernement italien, a affirmé le 6 décembre dans une entrevue au Corriere de la Sera que son pays ne participera aux frappes aériennes sur la Syrie.

« Si être protagoniste signifie courir après les bombardements des autres, alors je dis : non merci. Nous avons déjà donné. L’Italie a utilisé cette stratégie en Libye en 2011. À la fin, nous nous sommes rangés à contrecœur sur la position de Sarkozy. Quatre années de guerre civile en Libye démontrent que ce ne fut pas un choix heureux. Aujourd’hui, nous avons besoin d’une autre stratégie.»
, a déclaré le Premier ministre.

Quand c’est cette même absence de stratégie qui mène la France à bombarder on-se-sait-trop-quoi en Syrie, et que parallèlement, la vente d’armes et l’achat de pétrole de contrebande, bref, que le soutien souterrain aux terroristes de l’État Islamique continue, la décision italienne parait raisonnable. Et raisonnée, aussi du fait que, jusqu’à présent les Italiens, absents de cette région du Moyen-orient, n’ont pas été touchés par le terrorisme de Daech.

Mais, quant au rapprochement entre les guerres de Libye et de Syrie, rappelons au Premier ministre italien que ce sont là deux conjonctures complétement différentes : alors que l’agression à la Libye visait à détrôner un Khadafi devenu gênant pour les États-Unis (projet de création d’une monnaie panafricaine, accord bilatéral indépendant avec l’Italie en matière de fourniture d’hydrocarbures…) et à s’accaparer ses ressources énergétiques ; en Syrie, il s’agit aujourd’hui d’anéantir une source de terrorisme, que l’Occident a en partie créée et qui s’est retournée contre lui.

Matteo Renzi poursuit : « N’oublions pas que les attentats ont été élaborés dans les banlieues des villes européennes : il faut une réponse chez nous aussi. Voilà pourquoi il faut des écoles et des théâtres, pas seulement des bombes et des missiles. C’est pour cela pour chaque euro dépensé en sécurité l’Italie investira un euro dans la culture.»

Combattre le terrorisme par la culture, voilà la motivation de sa nouvelle promesse électorale : un bonus de 500 euros à chaque citoyen, le jour de sa majorité, à dépenser en initiatives culturelles. Les djihadistes en tremblent déjà !

Si la racine du terrorisme islamique sur notre sol est effectivement culturelle, elle ne réside cependant pas dans le manque d’attrait de notre culture, mais dans les écueils de celle musulmane. Et d’un certain manque de compatibilité aussi.

La “République” ne sera donc jamais assez influente face au poids de la famille, de la tradition, et du contexte social de zones de non-droit interdites à cette même république. L’école, dont se foutent éperdument banlieusards et futurs terroristes, est le lieu où l’on apprend, pas celui où l’on est “éduqué”, ce qui incombe aux parents.

Pour la même raison, son projet d’investissement de 500 millions d’euros dans les périphéries italiennes n’aura pas plus de chance d’endiguer l’islamisme, que les milliards d’euros de l’État français dévolus aux “cités” à la suite d’émeutes ethniques ou d’attentats.

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