Sale temps pour les vieux. Stéphane Hessel vient de passer l’arme à gauche, Benoit XVI redevient Joseph Ratzinger et voilà désormais , le parrain de Corbeil-Essonnes, qui voit les avatars de son système clientéliste, connu de tous, lui échapper complètement : sur une vidéo rendue publique récemment, l’avionneur discute le bout de gras (un bout de gras à plusieurs dizaines de milliers d’euros tout de même) avec certains de ses peu désintéressés soutiens qui avaient permis sa réélection aux de Corbeil en 2008.

« Corbeil-Essonnes ? Ah, vous êtes verni, Monsieur Prescovic… » : les inconditionnels du Père Noël est une ordure ont en tête cette réplique mythique de Pierre Mortez (Thierry Lhermitte) à l’attention de son pot de colle de voisin du dessous lorsque celui-ci lui annonce son nouveau lieu de travail. Mais que diable Serge Dassault est-il allé faire dans cette galère ? On l’oublie trop souvent mais c’est dès la fin des années 1970 que celui qui n’était encore que le fils un peu simplet de son père a tenté sa chance dans cette riante bourgade, bastion inexpugnable du . Et en matière de fraude, de magouilles et de clientélisme, Dassault a trouvé chez ses adversaires de véritables orfèvres, qui lui ont constamment fait mordre la poussière électorale jusqu’en 1995, date à laquelle il parvient enfin à conquérir la mairie à grands coups de promesses et de « Pascal ».

Ce que Dassault n’avait pas compris, à l’instar de la plupart des caciques de la parlementaire, c’est que l’évolution démographique des françaises est structurellement défavorable à la droite : le géographe a parfaitement analysé et mis en évidence les processus qui conduisent les Français de souche à fuir certains quartiers où ils se sentent étrangers dans leur propre pays. La part de la population afro-musulmane grimpe en flèche dans l’électorat, obligeant les édiles locaux à divers stratagèmes et subterfuges destinés à garantir leur réélection.

Il y a ainsi le système « Lagarde », mis en place par le maire de Drancy, consistant en un clientélisme des plus traditionnels, agrémenté d’un communautarisme insensé qui confine à la dhimmitude : Jean-Christophe Lagarde a voté contre la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques en 2004 et a délibérément caché à la population de sa ville la construction, sur fonds publics, d’une .

Et donc, il y a le système Dassault, fondé sur l’achat en masse des voix, en particulier des des Tarterêts, traditionnellement enclins à l’abstention ou au vote de gauche. Dassault a cru pouvoir manipuler ces jeunes gens tout comme les politiciens britanniques obtenaient sans difficulté les suffrages des rares électeurs des « bourgs pourris » au début du XIXe siècle. Mais il a fait preuve d’une ingénuité et d’une inconséquence stupéfiantes en n’anticipant pas le fait que ce système allait, en tout état de cause, éclater au grand jour, et surtout que le corrupteur ponctuel allait, par la force des choses, se transformer de manière permanente en machine à cracher du fric. Les petites frappes de cités ayant trouvé un filon bien moins risqué que leurs magouilles minables : faire raquer le vieux et le menacer, lui et ses séides, de révélations dévastatrices et de troubles à l’ordre public si la pompe à fric devait se tarir.

En réalité, Lagarde et Dassault sont les deux faces d’une même médaille, celle de la lâcheté : le jeune apparatchik centriste qui est un alimentaire de la politique et le vieil héritier d’un empire, qui s’est seulement donné la peine de naître, sont deux parfaits symboles de l’incurie de la classe politique, de son absence de sens de l’intérêt général et de son électoralisme sans vergogne. Inévitable, surtout dans ces banlieues dépolitisées et communautarisées, pourrait-on penser ? Le maire UMP de Montfermeil, , nous prouve chaque jour le contraire : les convictions et la droiture ne sont pas les ennemies du succès électoral.

Papy Dassault a banqué, il eût mieux fait de résister.

27 février 2013

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