Dans l’Île de Ré, le périmètre de l’hôtel Atalante est bouclé, les arrêtés municipaux affichés. La Guardia Civil est présente en renfort de la police municipale.

Une guerre se prépare-t-elle ? La censure veille. Liberté de la presse et des citoyens légèrement bafouée ? C’est qu’on ne lésine pas sur la sécurité en l’île : il est interdit de filmer, interdit de se promener – sur la plage –, interdit de se baigner – aurait-on posé des panneaux d’interdiction sous-marins pour les thons germon et les daurades, comme on le fait avec les cervidés sur les autoroutes ? “Ne traversez pas ici” !

Il reste à vérifier si les hommes-grenouilles et commandos de marine sont présents. Évidemment, les gros 4×4 présents sont tous blindés et le bus avec pneus increvables et une tourelle sur le toit.

C’est que l’affaire est grave : l’île de Ré (18.000 habitants) accueille la sélection espagnole de football, double tenante du titre, la Roja. Hôtel, terrains, mais aussi vie nocturne, tout s’organise pour satisfaire au mieux les joueurs de la Roja et leur public. Et, donc, plage et baignade interdites. Cette privatisation ne rappelle-t-elle rien ?

Eté 2015 – Cavalaire. Le roi d’Arabie arrive en son palais, avec ses 1.500 employés et ses millions de pétrodollars. On privatise la plage. On y aménage un ascenseur afin que son altesse n’ait pas d’escalier à descendre. Les patrons de night-clubs sont ravis, les bijoutiers aussi, les dames de petite vertu minaudent. Seuls les charcutiers firent grise mine. Mais le bon peuple des Francaouis en vacances dut bel et bien se plier aux mœurs importées.

Médias informés aidant, un mouvement se fit jour et le roi dut plier bagages un peu plus tôt que prévu.

Quant à l’île de Ré, je crois qu’on peut toujours attendre pour que les politiques et journalistes s’offusquent du sort réservé au bon peuple charentais ou vacancier. C’est que le système a besoin de ces starlettes footballistiques et croit gagner la sympathie des électeurs en fermant les yeux devant un système qui meurt des corruptions de la FIFA, de l’UEFA, des paris truqués, des filles violentées ou mineures. Un système qui meurt des milliards déversés pour une finalité bien légère, des grèves de descente de bus, des Périscope et de la violence dans toutes les compétitions amateurs ; violences ethniques, comme cela commence à se savoir.

Adieu, le foot. Allez passer vos vacances en Vendée, militaire. Et armés, c’est plus sûr !

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