En procédant l’autre jour à l’expulsion sauvage de quelques familles de qui avaient établi leur campement, également sauvage, au pied de leurs tours, les riverains de la cité des Créneaux, dans les quartiers nord de Marseille, ont incontestablement enfreint toutes les lois civiles et humaines.

Tout d’abord en perpétrant leur coup de force, ils sont en effet entrés délibérément dans l’illégalité, au lieu de s’en remettre aux procédures régulières qui sont le privilège exclusif de la justice, de la police, des autorités administratives et territoriales.

Il est vrai que, sollicités à plusieurs reprises, les tribunaux, le commissariat, la mairie et les parlementaires locaux s’étaient refusés à intervenir dans un litige qui ne troublait apparemment ni leur digestion ni leur sommeil.

C’est dans ces conditions que quelques habitants excédés ont substitué la loi de la force à la force défaillante de la loi, et qu’ils ont appliqué aveuglément la loi de la jungle, la loi du Far West, dans cette jungle, dans ce Far West que sont aujourd’hui tant de nos villes et de nos banlieues.

Les agissements et les exigences des ainsi chassés manu militari n’avaient pourtant rien d’excessif ni de choquant. Qu’on en juge. Après avoir planté leurs tentes et installé leurs caravanes là où ils le pouvaient, ces malheureux et attachants nomades s’étaient comme à l’accoutumée branchés sur les réseaux locaux de distribution d’eau et d’électricité et étaient réduits à utiliser les parties communes d’immeubles d’ailleurs voués à la démolition pour satisfaire à leurs besoins naturels.

Moyennant quoi ils ne demandaient rien, ou si peu de chose.
Seulement le droit de rester entre eux dans le respect de leurs traditions bientôt millénaires, c’est-à-dire de vivre sans dépendre de personne, tranquilles, indépendants, libres, farouches et si poétiques, de mendicité, de récupération et de rapines.

En leur refusant ce droit, les riverains de la cité des Créneaux, ces nantis, ces égoïstes, ces bourgeois, ces racistes qui répondent, à en croire les reportages, aux prénoms de Rachid, de Walid, de Kamel, ont manqué aux lois les plus élémentaires de la charité, de la solidarité et même de l’humanité.

Aussi n’hésitera-t-on pas à les condamner avec la dernière sévérité et notre réprobation sera directement proportionnelle à la distance sociale et kilométrique qui sépare Saint-Germain des Prés de la Castellane et les beaux quartiers de des quartiers Nord de Marseille.

1 octobre 2012

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