Sauvés par le gong ! C’est, depuis le début du mandat sans doute, la stratégie du gouvernement qui nous promène en bateau (et pas en avion) autour de l’hypothétique aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Lequel devrait, pourtant, être proche de l’ouverture…

Certains, peut-être, y ont cru, tel un . D’autres s’en sont servis pour donner des coups de menton, tel un Manuel Valls qui affirmait encore, le 12 octobre dernier : « L’évacuation, c’est pour cet automne. Ça se fera. Il ne peut pas y avoir d’autre voie. » Sa démission aura sauvé l’ex-Premier ministre d’une promesse qu’il savait, pourtant, ne pas tenir.

Car François Hollande, comme il l’a complaisamment expliqué dans ses confidences aux journalistes du Monde, n’avait en fait aucune intention de se confronter au problème. À Gérard Davet et Fabrice Lhomme, il aurait en effet expliqué dès 2014 : « Sur Notre-Dame-des-Landes, on ne peut pas reculer avec Ayrault Premier ministre. Avec un autre ministre, on pourrait être tenté de le faire. Mais cela signifierait que, sur chaque grand chantier, il suffit que des gens s’installent pour qu’on ne le fasse pas. Le problème, c’est qu’ils se sont installés dans la forêt, ce sera une guérilla pour les déloger, avec un risque de blessés, de morts. […] Le plus probable, c’est que ce projet ne sera pas annulé, mais ne verra pas le jour ! » Propos confirmés par la vice-présidente Ségolène Royal qui confiait, le 16 octobre au JDD, ses inquiétudes sur « les risques d’une évacuation par la force », concluant : « Il vaut mieux arrêter les frais. » Dont acte.

Trois mois ont passé, Valls est parti, Hollande va au , Ségolène fait du cinéma et, demain mercredi 18 janvier, les mesures d’expropriation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes seront… caduques ! La loi prévoit, en effet, que les parcelles soient restituées si l’expropriation n’a pas été réalisée dans les cinq années qui suivent les ordonnances prises par un juge. On y est !

Et si le juge – qui va forcément être saisi de cette requête de restitution – ne tranche pas rapidement sur ce qui constitue un « abandon de fait » du projet, on arrivera très vite à la seconde date butoir : le 10 février 2018. En effet, comme l’explique Ouest-France, la date fixée dans la déclaration d’utilité publique (DUP) du 9 février 2008 dispose que les expropriations « devront être réalisées dans un délai de dix ans à compter de la publication du présent décret ». Si les expropriations n’ont pas eu lieu à cette date, les travaux ne peuvent plus être lancés. Il faut, alors, réamorcer tout le projet.

Assurément, et bien que le joufflu déclare qu’il se « tient prêt », aucune évacuation des hordes de chevelus et de punks à chien ne sera entreprise avant les élections .

Conséquences de ce retard, écrit aujourd’hui Presse Océan : « L’État va devoir renégocier avec AGO (Aéroport du Grand Ouest, groupe Vinci) le contrat de délégation de service public effectif depuis le 1er janvier 2011. Ce contrat prévoit la gestion de Nantes Atlantique jusqu’à l’automne 2017, puis le transfert de l’activité à Notre-Dame-des-Landes. La donne a donc changé et l’avenant devra fixer un nouveau modèle économique prenant en compte, notamment, l’actualisation des coûts et des taux d’intérêt et les indemnités de retard potentielles. » Soit plusieurs centaines de millions d’euros à ajouter au fiasco de l’écotaxe et autres reculades de ce gouvernement d’impuissants et de lâches. Une fois de plus, les Français paieront…

16 janvier 2017

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