Document - Editoriaux - 11 août 2015

Daech, ou les femmes à vil prix

L’ONU a authentifié, après un long travail d’experts, un document, découvert en novembre 2014, qui révèle les pratiques barbares du groupe État islamique : les prix de vente des esclaves sexuelles, fillettes et femmes chrétiennes ou yézidies d’Orient, selon la catégorie d’âge.

La représentante spéciale de l’ONU, Mme Zainab Bangura, est à présent formelle. Ainsi, une petite fille de moins de 10 ans est vendue environ 150 euros. Une seule petite fille peut être vendue et achetée par cinq ou six hommes différents. Parfois, les combattants ont le droit de revendre ces enfants à leur famille pour plusieurs milliers de dollars.

Le prix de ces esclaves sexuelles, converti en euros, est dégressif selon l’âge : ainsi les enfants de moins de 9 ans sont offerts à 150 euros et, selon l’âge, le prix d’une jeune fille entre 10 et 20 ans est de 110 euros et celui de la femme de plus de 55 ans descend jusqu’à 40 euros.

Les acheteurs disposent d’un manuel, un mode d’emploi qui explique comment ils doivent traiter ces femmes. Ils ont installé des bureaux de mariage qui organisent et fixent le prix de ces esclaves sexuelles. Ces petites filles et ces femmes sont vendues en priorité aux dirigeants de l’État islamique, puis aux étrangers fortunés (L’Arabie saoudite en est très friande) et enfin, celles qui restent, « les invendues », sont offertes en pâture aux combattants de base.

Je suppose que le garde des Sceaux, Christiane Taubira, a eu connaissance de ce document officiel, et on attend toujours sa réaction offusquée, elle qui est toujours en première ligne quand il s’agit des esclaves noirs d’avant le XIXe siècle, mais bien silencieuse, trop silencieuse, jusqu’à l’indifférence même, quand il est question de l’esclavage sexuel “blanc” de la même époque et de celui qui se pratique depuis, et jusqu’à nos jours, dans les pays du Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne. On attend sa réaction.

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