Une fois n’est pas coutume, mes réflexions sur les mesures adoptées par le Sénat pour lutter contre les discriminations se trouvent diamétralement opposées à celles développées par Marie Delarue.

Le recours aux statistiques ethniques, d’abord. En 1978, la loi « informatique et libertés » interdisait, justement, de traiter « des données personnelles faisant apparaître les orientations politiques, religieuses, syndicales, l’état de santé ou les origines ethniques et raciales ».

Selon le parlementaire UMP Jean-René Lecerf, leur autorisation doit faire prendre conscience à un employeur qui a « embauché 99 % de Blancs » qu’il existe à proximité « 15 % de Maghrébins » à la recherche d’un emploi.

En somme, ces statistiques ethniques étaient interdites, hier, afin de ne pas discriminer les minorités ; elles seront, demain, utilisées pour discriminer la majorité. La liberté d’embaucher à compétences égales mais en fonction du « feeling » est sérieusement écornée.

80 % des dépouilles des compatriotes musulmans retournant dans leur pays d’origine pour bénéficier de leurs propres rites religieux, la seconde préconisation d’Esther Benbassa et du député UMP est de développer dans les cimetières des carrés musulmans. Après avoir prôné le « vivre ensemble », drôle d’idée de favoriser le « reposer séparément » !

Enfin, le projet du retour au fait religieux dans les écoles constitue la pierre angulaire de ce rapport. Il n’est pas nouveau qu’en 1992, le rapport Joutard préconisait davantage d’histoire des religions à l’école, et qu’en 1995, les programmes de 6e et 5e l’entérinaient.

Mais l’élue franco-turco-israélienne Benbassa entend aller plus loin, décrivant le religieux comme « la recherche d’appartenance à un groupe qui donnerait la sensation de mieux exister ». Après des décennies de lutte pour extraire « le religieux » de l’école dont le rôle exclusif est de former des têtes bien faites et non bien pleines, les instituteurs « bouffeurs de curés » doivent se retourner dans leur tombe.

Plus déroutant encore est la justification de la sénatrice : 30 % des enfants juifs fréquentant des écoles juives, ouvrir l’école publique au judaïsme favoriserait le retour des ces enfants dans l’école publique ! Mais leurs parents le souhaitent-ils ? 8.485 écoles catholiques, 282 juives, 30 établissements privés musulmans ne correspondent-ils pas à la liberté de mettre nos enfants dans l’école de notre choix ? Mme Benbassa – qui représente la République ! – souhaite donc la fin de l’école publique et laïque. De mieux en mieux, la démocratie socialiste !

L’élue EELV s’inscrit d’ailleurs dans la droite ligne de la feuille de route sur la refonte de l’intégration présentée par Jean-Marc Ayrault, époque où le site de Matignon osait parler « d’assumer la dimension arabo-orientale de la France » ainsi que proposer l’abrogation de la loi de 2004 interdisant les signes religieux à l’école, jugée discriminatoire.

Aimer la cuisine multiculturelle est une chose. Assister à l’élaboration d’un changement de civilisation par la destruction d’un socle commun – sans parler des effets produits par la vigueur de la religion musulmane – en est une autre.

15 novembre 2014

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