« J’ai fixé à 1 % l’objectif de croissance de la France en 2015 ! »

Voici ce que disait l’invraisemblable monsieur Sapin il y a quelques mois. Il a récidivé, la semaine dernière. À ce niveau-là, ce n’est plus de l’optimisme, c’est de l’incantation. Un peu comme si le ministre du Tourisme disait : “J’ai décidé qu’il ferait grand beau temps la dernière semaine d’août.”

Et puis, patatras ! L’INSEE vient de publier le chiffre de la croissance française au 2e trimestre 2015 ; c’est 0,0 %, après 0,7 % au premier trimestre. Nous faisons du surplace alors que nos petits camarades d’Europe galopent : +0,4 % en Allemagne et +0,3 % pour toute la zone euro, incluant la contre-performance française. Zéro pointé pour notre pays.

Il n’y a pas lieu de s’en réjouir, car cette nullité frappe de plein fouet tous les Français. Devant ce calamiteux résultat, tout le monde, au gouvernement, pique du nez, regarde le bout de ses chaussures, fait semblant de n’être pas là : silence à tous les étages ! On n’a entendu ni le Président, ni le Premier ministre, pourtant si prompts à s’exprimer sur tout et rien, et qui n’auraient pas manqué de claquer publiquement les bretelles si cette maudite croissance avait consenti à être un peu plus positive. Tout le monde ? Non ! Car nous avons , le champion de la forfanterie, l’aveugle qui voit tout, le ravi de la dèche. Lui, il est content ! Et, en plus, il rigole. Pour cet extraterrestre, ce zéro « conforte nos objectifs de 1 % de croissance pour l’année 2015 ». Ben voyons ! Et il continue : « L’accélération des exportations et le redressement de l’investissement sont bien la preuve que notre politique économique porte ses fruits. »

Oui ! Vous avez bien lu : « notre politique économique porte ses fruits. » C’est la seule vérité dans cet océan d’autosatisfaction idiotement béate. Quels fruits ? Davantage de chômage, de pauvreté, de souffrances et pas la plus petite lueur d’espoir à un horizon prévisible. Il y a trois mois, l’INSEE anticipait les chiffres flatteurs des trois prochains trimestres : +1,4 %, +1,5 %, +1,5 %, pour aboutir à une année 2015 à 1,4 % de moyenne. Tout faux !

Que se passe-t-il ? Les ménages n’achètent pas et les entreprises vivent sur leurs stocks sans les reconstituer. Et pourtant, la conjoncture est favorable : pétrole bas, taux d’emprunt bas, euro bas. C’est donc bien la politique qui est mauvaise, pas son environnement.

Il n’y a pas de honte à reconnaître que l’on s’est trompé. Mais, en ce cas, lorsque l’on navigue au niveau stratosphérique de monsieur Sapin, on a la décence de reconnaître que l’on n’est pas fait pour le job et on en tire les conséquences. Eh bien, non ! Le pitre s’en tire avec une pitoyable pirouette : « Au-delà des à-coups d’un trimestre à l’autre, inévitables dans toute phase de redémarrage, la reprise est bel et bien engagée en France. » Difficile d’être plus inconscient… ou cynique.

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