Notre ministre des Finances, Michel Sapin, est cette semaine à Bruxelles pour tenter de convaincre ses homologues de la zone euro des chances de succès de la politique de Manuel Valls pour ramener le déficit de notre pays à « seulement » 3 % du PIB l’an prochain.

« La France reste dans une situation difficile face à Bruxelles. Alors que Paris a déjà obtenu à deux reprises le report de l’objectif de ramener le déficit du PIB sous la barre des 3 %, une position ferme et contraignante de la Commission sur ce point pourrait fragiliser les signes de reprise. D’ailleurs, François Hollande avait laissé entendre qu’il n’était pas question de “fragiliser” la croissance et qu’un effort budgétaire supplémentaire risquait de freiner l’activité. Il faudra attendre début juin pour connaître le verdict de la Commission, qui fera alors ses recommandations macroéconomiques aux États membres », rapporte Le Parisien (5 mai 2014).

Mais patratras ! La Commission européenne a publié, lundi, ses prévisions économiques (croissance, inflation, chômage) pour les 28 pays de l’ : le déficit de la France de 4 % cette année est prévu à 3,9 % en 2015.

Décidément, personne ne partage l’optimisme de « Moi président » et de son si souriant Premier ministre…

D’ailleurs, comme si une catastrophe ne suffisait pas, la capitale bruxelloise tire sur l’ambulance française en annonçant une autre mauvaise nouvelle, et pas des moindres : le chômage, dont la courbe devait s’inverser en fin d’année dernière (quatre mois déjà !) ne baissera sans doute pas avant… 2015 !

C’est tout ? Non… Le moribond bouge encore ? Qu’à cela ne tienne : si la croissance française atteint (peut-être) 1 % en 2014 (soit sans changement par rapport à la précédente prévision), celle de 2015 est revue, elle, à la baisse (à 1,5 % contre 1,7 % auparavant)… Moins, donc, que celle de la zone euro (prévision de croissance à 1,2 % en 2014 et à 1,7 % l’année suivante).

Pour les autres pays, justement, qu’en est-il ? “Des divergences importantes subsistent entre les États membres”, souligne la Commission. Parmi les principales économies de la zone euro, “la croissance économique devrait être soutenue en Allemagne, tandis que la reprise s’affermit en Espagne et que son rythme s’accélère doucement en France et en Italie”. La croissance devrait atteindre 1,8 % cette année et 2,0 % l’an prochain en Allemagne, 1,1 % puis 2,1 % en Espagne […] et 0,6 % puis 1,2 % en Italie. » (www.lequotidien.lu).

Bref, on ne pouvait pas faire pire à un François Hollande au plus bas dans les sondages et à quelques jours seulement des élections européennes… Et on voit mal comment une petite heure d’émission face à Jean-Jacques Bourdin pour fêter ses “deux ans à l’Élysée” pourrait inverser la tendance annoncée du scrutin français au soir du 25 mai prochain…

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