Les Croates ont très largement approuvé le texte qui leur était soumis par référendum (64 %). Il s’agissait de modifier la Constitution afin d’y préciser que le mariage est défini comme l’union d’un homme et d’une femme. Ce vote revêt une triple signification. C’est d’abord la victoire de la démocratie, puisque dans ce pays, contrairement à la France, les citoyens peuvent trancher eux-mêmes les questions qui touchent à l’organisation de la société.

Ce vote croate permet aussi de dénoncer les extravagances juridiques qui menacent aujourd’hui nos institutions. La démocratie libérale qui est, en principe, notre système politique, repose sur deux piliers : la majorité des électeurs directement – par référendum – ou indirectement – par l’élection de représentants – détermine les choix politiques de la collectivité. Son pouvoir n’est pas absolu. Il est limité par un droit supérieur qui protège les personnes et les minorités.

Pour autant, elle ne donne pas aux individus ou aux minorités le privilège d’imposer leurs désirs ou leurs revendications. C’est pourtant la stratégie utilisée par l’idéologie « droit-de-l’hommiste » qui consiste à étendre sans cesse les revendications des minorités en les présentant comme des droits supérieurs à la volonté populaire et auxquels celle-ci ne pourrait s’opposer légitimement. À la fin de ce processus, on en arrive à renverser la démocratie en douceur, en niant par exemple la différence juridique entre un étranger et un citoyen ou en imposant des revendications ultra-minoritaires.

Le référendum croate rappelle donc qu’en démocratie, le souverain est le peuple et que le fait de limiter le mariage à l’union d’un homme et d’une femme est évidemment respectueux du droit supérieur auquel le souverain doit obéir. Il l’est triplement : d’abord, parce qu’aucun alinéa des déclarations des droits de l’homme ne justifie le mariage unisexe. Ensuite, parce que celui-ci, étant contraire aux données de l’anthropologie, s’oppose évidemment à toute justification par un « droit naturel ». Enfin, parce que le sens le plus fort du droit naturel repose sur son obéissance à la raison. Il est absurde et illégitime de punir une personne en se fondant sur des lois rétroactives. Il est absurde et illégitime de « marier » des personnes qui, « par nature », ne peuvent fonder une famille qu’en usant de moyens qui mettent en question les droits de l’homme et singulièrement ceux de l’enfant. Le « droit de l’homme » au mariage unisexe étant, pour le moins, discutable, le peuple a donc toute légitimité pour trancher.

En dernier lieu, ce vote intervient à contre-courant de l’évolution juridique européenne imposée par l’idéologie qui domine l’Union et inspire l’oligarchie qui y accapare les pouvoirs aux antipodes des pères fondateurs majoritairement démocrates-chrétiens. C’est une raison culturelle, à côté des raisons économiques et monétaires, de dénoncer la dérive européenne et de la stopper.

2 décembre 2013

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