L’athée que je suis ne se reconnaît absolument pas dans les supplications hystériques des quelques militants robespierristes réclamant la suppression de tout symbole religieux (surtout s’il appartient au culte chrétien) de l’espace public. Élevé dans la non-croyance depuis ma naissance, j’ai toujours perçu la fête de comme appartenant à quelque chose d’encore plus transcendantal que le fait religieux, c’est-à-dire, la tradition. Que l’on soit athée, agnostique, juif, musulman, protestant ou catholique, la tradition nous rassemble autour d’un héritage tissé par des centaines de siècles d’évolution d’une culture européenne faite de cultes païens qui se substitueront progressivement au christianisme, et dont l’expansion dans l’Hexagone coïncide symboliquement avec l’acte fondateur de notre roman national : le baptême de Clovis au crépuscule du Ve siècle.

Nul besoin particulier d’être de chrétienne pour fêter dignement Noël. La crèche est une tradition que partagent bon nombre de Français, parmi lesquels des non-croyants souhaitant juste perpétuer une tradition qui fait par ailleurs souvent la joie des plus jeunes, comme lorsque vient le moment d’installer le sapin. Ceux qui vomissent cet héritage souhaitent probablement la substitution de ces traditions millénaires à la religion du fric et de la consommation, afin que ne soit réellement plus qu’un rassemblement des familles dans les supermarchés. Et puis alors, après le travail du dimanche, pourquoi ne pas supprimer les jours fériés tels que le jeudi de l’Ascension ou le lundi de Pâques, comme le suggérait récemment l’inénarrable Pierre Bergé ? Ces imbéciles de Français préfèrent planquer des œufs dans leur jardin plutôt que d’aller travailler un jour de plus (pour gagner plus) ou alors profiter de l’ouverture des grandes surfaces !

Cet épisode des crèches nous prouve que le laïcisme anti-chrétien est bel et bien une excroissance du le plus stupide et le plus contradictoire, persuadé que la tradition et la loi du marché vont de pair, alors qu’en détruisant la première, il prépare le terrain pour la seconde. Heureusement, la plupart des Français ne sont pas dupes et ont manifesté leur désaccord dans un du journal Ouest France, en étant à 71 % favorables au maintien des crèches dans les lieux publics. Pour combien de temps encore ?

18 décembre 2014

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