Depuis le début de la pandémie, la Suède attire les regards et les critiques pour sa gestion de crise différente, à savoir une résistance aux restrictions rigoureuses pour privilégier l’immunité collective. Rappelons que ce pays n’a jamais fermé ses écoles (mais ses universités), magasins, restaurants ou salles de sport. Aujourd’hui, elle compte le cinquième taux de mortalité le plus élevé d’Europe, derrière l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne et la Belgique. Pour autant, les chiffres sont loin d’être l’hécatombe annoncée puisque le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a annoncé, vendredi 16 octobre, que la Suède a compté, en moyenne, en une semaine, 65 nouveaux malades pour un million d’habitants, contre 71 au Danemark, 40 en Finlande et 25 en Norvège.

D’après le Telegraph, le pays changerait de stratégie de lutte contre la pandémie à compter de ce lundi, envisagerait des mesures de confinement adoptées par les autorités locales, et de nouvelles règles entreraient en vigueur. Les autorités sanitaires régionales demanderont aux habitants d’éviter les lieux publics, les transports en commun et les contacts avec les personnes à risque.

Malgré une aggravation considérable du nombre de cas en Suède, « les hôpitaux ne sont pas sous pression, il n’y a que peu de patients aux soins intensifs, le nombre de décès demeure très bas », selon l’épidémiologiste en chef de la Suède, Anders Tegnell, sur Radio Canada. Pragmatique, il poursuit : « Avec cette pandémie, il faut toujours changer. Vous devez vous adapter à la nouvelle situation épidémiologique dans laquelle vous vous trouvez. »

En France, les mesures adoptées n’ont pas convaincu nos compatriotes. En témoigne ce sondage de septembre dans Le HuffPost : « 65 % disent ne pas faire confiance à nos dirigeants pour stopper la propagation du virus. C’est le niveau de confiance le plus bas enregistré depuis le début de la crise sanitaire. En outre, 69 % des Français considèrent que le Président Macron, le gouvernement et les autorités sanitaires ont mal anticipé le retour de l’épidémie, dont 41 % assez mal et 28 % très mal anticipé. » En limitant les mesures obligatoires imposées aux citoyens, les autorités suédoises misent donc sur la responsabilité individuelle. Les règles seront conseillées mais les amendes ne sont pas envisagées. Et dans le Telegraph, le Dr Anders Wallensten, l’épidémiologiste adjoint de l’État suédois, assure que « la conformité et la confiance envers les autorités suédoises ont jusqu’à présent été “bonnes” et “ne diminuent pas vraiment” ». Il ajoute qu’il était crucial pour eux d’introduire des recommandations que « les gens peuvent accepter » et qui ont du sens ». Nous sommes donc bien loin des discours infantilisants et des restrictions de libertés imposées qui, au lieu de faire appel à notre intelligence, nous éloignent chaque jour d’un État démocratique…

19 octobre 2020

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