Bien des Français ont entendu les cigales, pendant cette période estivale. Notre société, transformée en Cocotte-minute™, a pu souffler. Certes, les citoyens qui en ont profité étaient capables de migrer, aptes physiquement ou dotés financièrement. Après avoir pu chanter tout l’été, sur quelle musique va-t-il falloir danser à l’automne ?

Les incertitudes sont nombreuses, exprimées tant par les politiques que par les scientifiques, sans que l’on sache les influences interactives des uns sur les autres. Or, ne pas être sûr (incertitude) ne doit pas entraîner une absence de décision. Si la mortalité de la maladie Covid-19 reste incertaine, elle oscille entre trois et dix pour mille des personnes contaminées (symptomatiques ou non), selon la plupart des études publiées à ce jour. Si cette proportion est faible, il existe bien une incertitude, trois morts étant bien différents de dix. Mais si on inverse la présentation, il y aurait donc 990 à 997 survivants, ce qui a plutôt un goût de certitude. Autre exemple, relatif aux masques si discutés et si recommandés « en même temps ». L’incertitude est sur la protection à cent pour cent, mais une protection au moins partielle est une certitude. Pour les Japonais ou les Coréens, qui ne diffèrent des Européens que par des yeux bridés, et une adhésion culturelle ancienne au port du masque, la certitude porterait plus sur le second facteur. Au début de ce mois, leur nombre de cas pour cent mille habitants était à peu près dix fois inférieur au nôtre, et leur mortalité par rapport aux cas déclarés était de deux à cinq fois inférieure.

« Winter is coming », et bien malin qui peut prédire quand un vaccin sera disponible. S’il arrive avant la neige, quelle proportion de citoyens voudra le recevoir, quand on voit les difficultés à rendre effective la vaccination antigrippale ? Espérer le vaccin est une chose, à ce jour incertaine ; devoir faire face sans lui dans les mois qui viennent est une certitude.

Il faut être optimiste. D’abord, la maladie est mieux connue, sa prise en charge s’est améliorée pour les patients « limite », au pronostic incertain. Cela ne concerne pas ceux qui guérissent quoi qu’on fasse (l’immense majorité) et ceux qui meurent quoi qu’on fasse (une très faible minorité). Là encore, incertitudes et certitudes. Ensuite, le port du masque et la distance physique vont réduire la « charge virale reçue », si ce n’est la transmission (quand les règles de qualité et d’observance sont présentes). Une certitude de bon sens : plus la dose inoculée est importante, plus les défenses immunitaires, longues à se mettre en ordre de bataille, seront débordées, à l’image de la baignoire : la bonde, ce sont vos défenses, le robinet, c’est la multiplication du virus…

Sachant cela, il suffit d’être clair envers les citoyens. Oui, le virus circule, oui, il va toucher encore des personnes fragiles. Non, vous n’êtes pas à l’abri (incertitude) mais vous pouvez au moins en réduire les conséquences en protégeant les personnes fragiles, et si vous n’avez pas de chance, en espérant une maladie légère, toutes choses que laisse supposer le port du masque (certitude).

Après, faut-il réglementer ? Quand un citoyen est autorisé à voter pour des choses importantes (celui qui pousse le petit bouton rouge du feu atomique), on peut supposer qu’il est jugé apte à raisonner. Laissons-lui une certaine liberté et ne réglementons que le strict nécessaire. Plutôt que d’imposer le port systématique du masque dans les rues, facilitons l’action des forces de l’ordre en leur laissant le choix entre verbaliser deux individus en contact étroit sans protection et ignorer ceux qui savent rester à distance en milieu ouvert. On n’en respirera que mieux, non ?

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