Vous l’entendez sur tous les plateaux de télé : « L’immigration sera bénéfique pour la croissance et remplira les caisses de l’État ! » et comme ceux qui pensent le contraire ne sont jamais invités à s’exprimer vous pourriez en déduire que les experts sont unanimes sur le sujet. Attention ! Le sujet est tabou et chacun sait que derrière un tabou se cache souvent une gigantesque mystification. 

Les « immigrationnistes » avancent les précédents de l’Histoire qu’ils illustrent de façon imagée par deux superbes courbes parallèles orientées à la hausse, celle de l’immigration et celle de la croissance. Mensonge ! Ne confondons pas le peuplement d’un territoire en friche avec l’immigration vers des zones fortement urbanisées. Dans le second cas de figure, c’est la croissance qui attire les immigrés et non les immigrés qui déclenchent la croissance. Leur démonstration n’est donc qu’un sophisme classique qui consiste à inverser cause et conséquence.

Un autre argument couramment avancé est celui des rentrées fiscales. Là aussi, il y a tromperie. Avant de rapporter le moindre sou à l’État, l’immigration a un coût, un coût qui démarre dès le passage de la frontière. Les immigrés paient aussi peu de TVA car la part de leur consommation consacrée à des biens soumis au taux réduit est plus importante que chez la moyenne des français. Dans le meilleur des cas, un immigré trouvera un emploi (déclaré) après de longs mois de chômage et probablement aux dépens d’un autre puisque nous sommes en sous-emploi chronique, recettes pour l’État, quasiment nulles. Si par chance, il parvient à s’affranchir des aides sociales, il épargnera une fraction importante de son salaire pour venir en aide aux parents restés au pays. Les transferts des travailleurs étrangers représentent en France cinq milliards d’euros chaque année, cinq milliards qui sortent du circuit économique, impact sur la croissance nul voire négatif. La vérité est que lorsqu’un État accuse un déficit structurel de ses finances publiques, l’augmentation de la population ne fait qu’aggraver ce déficit. Un mot sur les retraites. Les immigrés cotisent certes mais on fait semblant d’oublier qu’ils y ont droit aussi, impact nul donc, à moins bien sûr de se placer dans une logique de « Ponzi ». 

Et je ne parle même pas :

- de la moindre productivité et du nivellement par le bas dans l’Éducation nationale, du fait des coûts et du temps supplémentaires associés aux différences linguistiques culturelles et religieuses.
- des comportements xénophobes, des deux cotés, qui créent un d’insécurité propre à dissuader l’investissement quand ce ne sont pas les consommateurs qui préfèrent rester chez eux.

On ne se contente pas de minimiser les coûts, on invente des profits. La mystification est donc totale. 

Sachez enfin, que c’est l’émigration (de masse) et non l’immigration qui pour un pays est une ressource, parfois même la ressource principale - les Philippines par exemple ou l’ entre 1962 et 1973. Alors que lorsque les flux migratoires touchent les élites – de l’Est avant la construction du mur - c’est l’inverse. Le problème c’est qu’en France on s’achemine doucement vers l’une ET l’autre, la double peine en sorte.

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17 septembre 2015

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