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Editoriaux - Justice - Politique - Radio - 8 mai 2015

Courage Fillon, ou l’hôpital qui se moque de la charité

La posture de l’homme est austère mais même par voie radiophonique interposée, les auditeurs de RTL ce 5 mai dernier auront « entendu » sourire en commentant la suspension de Jean-Marie Le Pen, décidée la veille par le bureau politique du FN.

Parfaitement adapté à l’heure matinale de la chronique de M. Apathie, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, à l’image lisse et à la posture disciplinée, souhaitait ce matin-là « ouvrir les yeux aux Français sur la réelle nature du FN », suite aux différends internes qui l’animent actuellement.

Parce que des querelles et des divisions, on n’en a jamais vu à l’UMP ?

Si l’auditeur de RTL n’était pas bien réveillé ce petit matin-là, c’était un coup à le faire cauchemarder !

Cauchemarder autour d’une élection à la présidence de l’UMP où Fillon serait élu, et puis, finalement, non ! Copé serait proclamé vainqueur avec 50,03 %, et puis l’un (pour consoler l’autre) lui proposerait le poste de vice-président, mais que bien sûr l’autre déclinerait en le menaçant d’ester en justice…

Cauchemarder autour d’une relation Sarkozy-Fillon qui, après la défaite du premier à l’élection présidentielle de 2012, vira au combat des chefs. Fini la seconde position pour l’amateur de courses automobiles : avoir serré les dents cinq ans, un pas derrière son Président, ça vous décuple l’énergie ! On citera, pour mémoire, l’article de Valeurs actuelles, florilège d’une (belle) amitié en déclin où François Fillon déclarait : « Quand on perd une élection, on doit se remettre en cause, sinon c’est un bras d’honneur aux électeurs” ou encore « Moi, en 2007, j’ai totalement soutenu Sarkozy, mais cela ne veut pas dire que son projet était le mien ».

D’amitiés de 30 ans en entente cordiale, François Fillon était allé jusqu’à créer avec sa garde rapprochée un second groupe UMP à l’Assemblée nationale (R-UMP) afin de compter ses troupes et pour que l’on compte avec lui, à l’avenir.

Ce mardi 5 mai, quand M. Fillon, que les querelles internes du FN font bruyamment sourire, demande aux auditeurs tout juste réveillés d’ouvrir les yeux sur la vraie nature du Front national, il sait donc de quoi il parle!

Pris au jeu d’une mémoire amnésique ou dopé par l’orgueil naissant de l’éternel second rôle, M. Fillon va jusqu’à qualifier le Front national de « petite affaire familiale ». Le grotesque de l’expression l’emporte sur l’arrogance : réduire à une supérette du coin de la rue un parti politique qui réunit plusieurs millions d’électeurs, et reconnu comme premier parti de France. On se pince pour être certain d’être bien réveillé !

Alors, orgueil ou vanité ? Méthode Coué ou sentiment irresponsable de supériorité ?

Petite entreprise familiale ? Eh bien, soit : de ces petites entreprises qui font tourner la France et donnent du travail à ses enfants. De ces petites entreprises qui ne comptent par leur temps ni leur sueur et qui ont en héritage l’amour du travail bien fait et la transmission du savoir-faire français.

Car ce matin-là, François Fillon était venu nous faire croire qu’au pays de l’UMP, nulle querelle de clocher n’avait terni l’image douillette d’une droite parfaitement unie et qu’une petite entreprise familiale, forte de 5 millions d’électeurs, s’apprêtait à déposer le bilan.

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