Coupe du monde de la FIFA : et à la fin, ce sont les Qataris qui gagnent !

Dans une interview au journal allemand Welt am Sonntag, le Président de la FIFA Joseph Blatter a affirmé que la décision d’organiser la coupe du monde 2022 au Qatar avait fait l’objet d’interventions politiques émanant de l’ancien Président de la République Fédérale d’Allemagne, Christian Wulff, et de… Nicolas Sarkozy.

Blatter est, depuis mai 2015, l’homme le plus détesté de la planète football, après l’arrestation de plusieurs responsables de la FIFA soupçonnés de corruption passive.

Le suisse est un historique de la FIFA, qu’il dirige depuis 1998, après en avoir été le secrétaire général pendant 17 ans. Il fut l’homme lige du terrible Joao Havelange, omnipotent président de la FIFA pendant vingt-cinq ans. Havelange, l’homme qui a transformé celle-ci en pompe à fric : sans scrupules et brutal, corrompu et corrupteur, il formait avec le catalan Juan Antonio Samaranch (dont il a favorisé l’élection à la tête du comité international olympique en 1980), un redoutable duo, les Diabolo et Satanas du sport marchandisé.

Que l’honnêteté et le sport de haut niveau ne fassent pas (toujours) bon ménage, cela ne surprendra personne : souvenons-nous, entre autres exemples, de la coupe du monde 1978 organisée en Argentine, pendant laquelle le suspect effondrement de l’équipe du Pérou permit à l’Albiceleste d’accéder à la finale, finale que ne put arbitrer l’Israélien Abraham Klein récusé par la junte militaire argentine, cas unique dans l’histoire des coupes du monde. Citons aussi les décisions arbitrales ubuesques au profit des pays organisateurs (Coupe du monde de rugby 1995 : Derek Bevan, l’arbitre gallois toujours à l’heure sud-africaine ; ou l’ineffable Byron Moreno, dont les décisions éliminèrent l’Italie de la coupe du monde de football 2002 au profit de la Corée du Sud, et qui fut arrêté quelques années plus tard en possession de plusieurs kilos d’héroïne), les ententes entre équipes (Autriche – Allemagne pendant le mondial 1982), ou bien les empoissonnements (le Brésilien Branco drogué pendant le match qui opposait son équipe à l’Argentine en 1990).

Deux éléments distinguent pourtant cette nouvelle affaire de toutes les autres.

Le premier est lié à l’implication de la justice américaine, qui est à l’origine de l’enquête mettant en cause les responsables de la FIFA. Corruption, trafic d’influence et magouilles en tout genre sont certes tout à fait étrangers à la culture des Etats-Unis, référence intergalactique de la démocratie et de la transparence, mais l’activisme du FBI et de l’Attorney général interpellent. Il s’agit bien, sous couvert d’implication présumée desdits responsables dans des malversations ayant pour cadre des compétitions organisées aux Etats-Unis, d’une énième tentative d’étendre le champ de compétence de la justice de l’Oncle Sam à la planète entière, sans que personne, hormis Vladimir Poutine, n’y trouve à redire. Étonnamment, les États-Unis semblent désormais vouloir enquêter sur l’attribution des coupes du monde de la FIFA jusqu’au mondial 1998 organisé en France (l’édition précédente organisée… aux Etats-Unis étant quant à elle à l’abri de tout soupçon !).

Et puis, il y a intervention présumée de deux chefs d’État du couple franco-allemand au profit du Qatar, qui patiemment tisse sa toile internationale.

Tandis que les États-Unis usent de toutes les armes (y compris le « droit ») pour préserver leur domination mondiale, les dirigeants européens se tournent vers leurs nouveaux maîtres qataris. Et si l’arbitre américain a décidé de sortir son carton rouge, il est peu probable que le Qatar sorte du terrain si facilement.

L’Allemand Franz Beckenbauer dominait le football des années 1970, le Français Michel Platini celui des années 1980. Mais aujourd’hui, si le football continue d’être un sport qui se joue à onze, à la fin ce sont désormais les Qataris qui gagnent.

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