Editoriaux - Histoire - Sport - Télévision - 4 octobre 2013

Coupe du monde au Qatar : de qui se moque la FIFA ?

Le 2 décembre 2010, par quatorze voix contre huit aux États-Unis, le comité exécutif de la FIFA accordait l’organisation de la 2022 au Qatar, ce minuscule, sympathique et généreux émirat, depuis toujours – c’est-à-dire une quinzaine d’années – ami, allié, mécène et accessoirement un peu propriétaire de la France. Le Qatar se disait d’ailleurs prêt à dépenser cent dix à cent cinquante milliards d’euros (!) pour mettre ses infrastructures – routes, hôtels, logements, aéroports, etc. – à la hauteur de cet événement mondial, à la fois coûteux et rémunérateur, dont les dates précises, encore à fixer, se situaient dans une fourchette comprise entre juin et août 2022.

Trois ans plus tard, le même comité exécutif de la FIFA s’avise soudain qu’à cette période de l’année, au Qatar, la moyenne des températures diurnes est comprise entre quarante et quarante-deux degrés, ce qui en fait une des régions terrestres les plus proches de l’enfer et transformerait la Coupe en une épreuve effroyable pour les spectateurs et surtout pour les footballeurs venus de tous les coins du monde. Certes, les autorités qataries se font fort, d’ici 2022, de climatiser tous les stades où se déroulera la compétition. Et pourquoi pas, pendant qu’elles y sont, l’ensemble du pays ? À quel prix, et notamment au prix de combien de vies humaines, il est vrai de peu d’intérêt aux yeux des autochtones, puisqu’il ne s’agirait que de ces travailleurs étrangers qui sont importés et employés sur place dans des conditions proches de l’esclavage ? C’est ce que l’histoire ne nous dit pas.

Quoi qu’il en soit, le comité exécutif de la FIFA a décidé de tenir d’urgence une réunion plénière à Zurich pour décider s’il n’y aurait pas lieu d’avancer la Coupe à l’hiver 2021 ou de la repousser à l’hiver 2022, ce qui donnerait l’assurance dans l’une et l’autre hypothèse d’un climat plus clément mais présenterait l’inconvénient, dans la deuxième, d’un téléscopage avec les Jeux olympiques d’hiver et poserait de gros problèmes d’audience et de gros sous aux télévisions du monde entier. Le sport, de nos jours, est comme on sait d’abord une affaire d’argent.

Une solution sera trouvée, mais une question se pose.

Les membres du comité exécutif de la FIFA, en 2010, ont-ils à ce point bâclé l’étude du dossier présenté par l’émirat qu’ils n’avaient pas tenu compte de données climatiques qui n’ont pourtant rien de confidentiel ? Ou bien… ne vous semble-t-il pas, comme à moi, que tout cela fleure bon le pétrole, le gaz et peut-être aussi la corruption ?

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