Jeudi, les maisons de de France et de Navarre ont frissonné de bonheur. On a vu des mamies plutôt gaillardes, l’œil fripon et le déambulateur vivace, tandis que les rares mâles, retraités de la vie, avaient le béret plus dru que de coutume : Sarko, le dieu des EHPAD, a parlé. On commentait l’affaire en trempant son biscuit dans le café. C’était dans Le Point tout frais du matin. Et puis les aides-soignantes avaient branché BFM un peu plus fort que de coutume. Sarko s’invitait donc dans la campagne européenne, comme un malotru qui débarque à l’apéro chez vous après avoir baisé votre femme. Diable, ces gens-là n’ont donc aucune dignité ?

Les courageux qui burent d’un trait la tribune durent recommander une tournée au patron. Il faut dire que le sacripant ne manquait pas de culot… car l’ancien président qui – en cinq ans – avait fait entrer un million d’étrangers dans notre pays déjà saturé… s’intéressait subitement à « la question essentielle des flux migratoires » et voulait « suspendre immédiatement Schengen ». À la hussarde, le petit Nicolas réclamait aussi du « leadership » en veux-tu en voilà avec la douceur de l’enfant capricieux réclamant du ketchup pour ses frites. Sarko désirait « une grande zone économique franco-allemande [qui] nous permettra d’abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande, en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux ». En somme, si Sarko revenait, on serait allemand, je vous jure, maîtresse Merkel.

Le mieux, c’est quand il parle « d’ » et de notre belle européenne. Genre, le poissonnier du coin vous vante le dernier parfum de chez Chanel. Y a un os dans la semoule, non ?

Forcément, pour suivre ce train qui ne va nulle part – que dis-je, ce TER mal raboté –, l’homme providentiel en promo va jusqu’à flatter le réac mollasson, en s’apitoyant sur le sort médiatique de Finkielkraut. Ça ne mange pas de pain, et en plus, ça fait chic, de gagner trois ou quatre voix du côté du bourgeois apeuré !

En plein meeting, Copé, très mal dans ses baskets ces jours-ci, n’a pu que saluer, une truelle coincée dans la gorge, cette intervention de bonne facture selon lui, alors qu’au contraire, Fillon parlait sans tiédir de non-événement !

L’idole du troisième âge (la base électorale de la parlementaire) a peut-être tiré la cartouche de trop. Feignant de scruter l’avenir de son île d’Elbe médiatique, l’Élyséen d’avant rêve de Cent-Jours en solo, jetant l’ par-dessus bord. Mais à force de tribunes qui sentent le pétard mouillé, le discount va très vite lasser. En son temps, Giscard a joué le recours, tout confit qu’il était de lui-même. Mais le peuple l’avait lâchement jeté en pâture aux croquantes oubliettes de la ringardise. Ah, au fait, le vaillant tribun ne sera pas là pour voter dimanche, retenu qu’il est en pour entendre sa chanteuse. Quel talent !

22 mai 2014

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