La nature nous rappelle régulièrement l’impuissance de l’homme face à elle. Lorsqu’un de ses éléments se déchaîne, il a la capacité de détruire en un instant le travail d’une vie. Les images de dévastation en provenance du sud de la France en témoignent.

À Biot, à Mandelieu, à Vallauris, à Cannes, tout le gratin politique, président de la République en tête, est venu sur place constater l’étendue des dégâts. Constater les ravages d’un phénomène naturel que les décideurs publics, aménageurs de sol, ont amplifié au fil des programmes de développement urbain. 79.000 hectares de terres agricoles et espaces naturels disparaissent chaque année au profit de la ville, soit l’équivalent d’un département tous les sept ans. Une artificialisation massive des sols qui perturbe le cycle de l’eau et transforme les ruissellements en torrents de boue, provoquant des catastrophes naturelles. À cela s’ajoutent bien souvent des réseaux d’eaux pluviables sous-dimensionnés.

La mise en branle d’un plan vigilance rouge aurait peut-être épargné des vies mais pas, ou à peine, amoindri les conséquences matérielles du déluge. Il rappelle quelque peu à la mémoire collective celui de La Faute-sur-Mer, où un maire reconnu coupable par la justice d’avoir intentionnellement occulté des risques d’inondation voulait (procès Xynthia), et veut toujours, se disculper de toute responsabilité. Là aussi, avant que ne soient posées des questions portant sur la présence de constructions en zone inondable, le dérèglement climatique, Météo France et son dispositif de prévoyance étaient montrés du doigt. Par la suite, le procès de l’ancien édile et de son adjointe avait mis en pleine lumière la manne immobilière qui a la fâcheuse tendance à l’emporter sur le principe de précaution en zone littorale.

Conscient de la nécessité et de l’urgence d’un juste milieu entre le besoin en habitat (500.000 logements d’ici 2017) et respect de l’environnement, le législateur a établi – loi ALUR, février 2014 – un ratio entre la surface favorable à la nature et la surface d’une parcelle construite, dit « coefficient de biotope ». Objectif : favoriser le maintien ou le renforcement de la biodiversité et de la nature en ville en réservant des “surfaces non imperméabilisées ou éco-aménageables” lors des opérations de construction. Trop tard, cependant, pour éviter à la Côte d’Azur un dimanche noir de tristesse et de désolation.

La frénésie bâtisseuse est allée beaucoup trop vite, trop loin, concentrant par endroits population et activité économique. D’autres rappels à l’ordre de Mère Nature sont malheureusement à craindre.

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