La Grèce et la Bulgarie (classement Transparency International) sont championnes d'Europe de la corruption politique, suivies de près par l'Italie, l' et la France. Ce « sport » apparemment très latin irrite au plus haut point les pays « vertueux » comme l'Allemagne ou les Pays-Bas. Ceux-là aimeraient se débarrasser de ces moutons noirs qui plombent les budgets européens. Prenons l'Espagne, par exemple, où les « Cahuzac » sont légion.

Selon le journal El Mundo, la corruption politique, liée essentiellement aux affaires immobilières, battrait tous les records avec des détournements de fonds estimés à plus de 4 milliards d'euros en dix ans (et encore ne serait-ce que la partie visible de l'iceberg frauduleux). En Espagne, aucun parti, aucune région n'échappe aux scandales de corruption, abus de biens sociaux ou fraude qui pullulent dans la péninsule ibérique. Un seul exemple : à Alicante, des voyages, voitures de luxe et, cerise sur le gâteau, des « traductrices roumaines » ont été payés avec les fonds destinés au ramassage des ordures. Voilà ce qu'on peut appeler du recyclage « olé olé » des fonds publics que les aficionados de Berlusconi ou de Papandréou n'auraient pas renié.

L'ancien socialiste grec, père de celui qui, avec Karamanlís, a plongé son pays dans une dette abyssale, n'entretenait-il pas, aux frais de l’État, une hôtesse de l'air d'Olympic Airways qui, dit-on à Athènes, dirigeait le pays ? Aristophane, reviens !

Mais tout cela, c'est du passé. La Grèce semble revenue, avec une nouvelle génération d'hommes politiques et de magistrats, à une conduite plus vertueuse, crise oblige. C'est ainsi que la grecque vient de condamner à la prison à perpétuité (oui, vous avez bien lu) l'ancien maire de Salonique convaincu d'avoir détourné 18 millions d'euros sur des comptes en Suisse durant ses deux mandats municipaux. Celui que l'on surnomme en Grèce le « chirurgien volant » (simple coïncidence) avait, avant de piocher dans la caisse, battu le record d'Europe du 100 m aux J.O. de Munich.

Dans la semaine qui suivit ce jugement exemplaire, les magistrats athéniens condamnèrent un ancien ministre du PASOK (socialiste) à une peine de huit ans de prison ferme pour avoir fraudé le fisc durant des années, alors que le bougre menait un train de vie visiblement supérieur à ses convictions socialistes. Sa villa au pied de l'Acropole a été confisquée, saisie assortie d'une amende de 520.000 euros.

La classe grecque veut se refaire une virginité, elle en a bien besoin. D'autres têtes devraient tomber dans les prochains mois. Les Grecs, une fois de plus, ne font pas les choses à moitié : « l'Épire et le meilleur... » Pourfendeur des démagogues et des sophistes, Aristophane est à coup sûr de retour sous les colonnes du Parthénon.

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22 avril 2013

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