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Coronavirus - Editoriaux - Santé - 4 mars 2020

Coronavirus : choses vues et entendues (suite)

Il m’a paru, ce mardi, qu’il y avait moins d’activité à la consultation de neurologie de l’hôpital général où je travaille ; j’ai eu le temps pour parler à l’infirmière de la consultation.

Elle m’a dit que ce n’était pas une simple impression et que les gens ne venaient pas à leur rendez-vous probablement par peur d’être contaminés en venant à l’hôpital. Elle m’apprend que l’hôpital a mis par précaution en quarantaine la technicienne réalisant habituellement les EEG (électroencéphalogramme) car elle s’occupe de son fils scolarisé dans le collège de l’Oise fermé pour cause de décès d’un enseignant suite au coronavirus. À coté se trouvait une des affichettes présentes dans les divers couloirs de l’hôpital depuis quelques semaines : « En cas de toux, merci de bien vouloir porter un masque. »

Initialement, ces messages trônaient sur un support offrant en libre-service des masques dits chirurgicaux. Cela faisait longtemps que je ne voyais plus aucun masque sur les supports et je demande à l’infirmière quelle est sa réserve de masques à fournir si des consultants lisant ces messages lui demande un masque. Elle me répond qu’elle n’a pas de masque à sa disposition et ajoute que l’hôpital est en pénurie de solution hydroalcoolique et a restreint la diffusion des bouteilles disponibles à certains services.

Sur ce, je rentre en RER à mon domicile parisien. Autant de monde que d’habitude, probablement un peu plus de personnes masquées car, contrairement à d’habitude, il n’y a pas dans ce train venant de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle que des individus au visage asiatique qui portent le masque. Mais les masques restent exceptionnels alors que je prête une attention particulière à leur présence.

Moins d’une heure après avoir entendu les informations de mon infirmière, juste le temps du trajet depuis mon hôpital situé entre l’Oise et Paris, et d’allumer mon téléviseur pour écouter les informations officielles du soir, la première phrase que j’entends est une déclaration des « autorités » affirmant que les hôpitaux sont prêts ! Le contraste entre les discours est tel que me vient immédiatement à l’esprit celui entre les affirmations de 1939 « Nous sommes les plus forts et bien à l’abri derrière notre ligne Maginot » et le désastre de mai 1940. Certains diront que le problème de la ligne Maginot, c’était qu’elle était à la frontière et qu’on n’arrête pas une invasion à la frontière, d’autres regretteront que la ligne Maginot n’ait pas été prolongée le long des frontières belge et luxembourgeoise. En tout cas, si on dégarnit la frontière, il faut avoir de sérieuses forces de contre-attaque et ne pas se réfugier derrière les mots. N’est-ce pas cet abri où se réfugient certains, avec des discours entendus du type « Nous sommes au stade 2 de l’alerte, ce n’est pas une épidémie, l’épidémie, c’est le stade 3 » ?

Ma confiance dans les « autorités » remonte ce matin. Je viens en effet d’entendre qu’Emmanuel Macron a dit qu’on n’en a pas fini avec le coronavirus. Peut être va-t-on enfin activer les célèbres « cellules psychologiques ».

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