Son discours de lundi n’a rien changé, au contraire. est carbonisé jusqu’à l’os.

Dire qu’il se voyait comme la Thatcher chauve qui allait réformer ce vieux pays à la hussarde… En ce mois de mars 2014, Jean-François Copé, l’ex-fidèle lieutenant de Sarkozy, en est bien loin ! Décrédibilisé après l’inénarrable et rocambolesque élection interne de l’UMP (souvenez-vous, la CONAR, la COCOE), le président de l’UMP ressemble maintenant à un Louis de Funès lugubre qui ne ferait plus rire personne. Plus sa voix s’adoucit, plus on a l’impression qu’il se fout du monde comme pas possible. Copé est bien devenu l’homme politique le plus détesté de France. À côté, Moscovici est ultra populaire, c’est dire.

Livide et solennel, il a demandé lundi matin que les partis politiques (et les médias) fassent preuve de transparence. « Je déposerai sur le bureau de l’Assemblée nationale, à la reprise de ses travaux, une proposition de loi demandant à chaque parti […] de mettre à la disposition de ceux qui le souhaitent l’ensemble des documents comptables de leur parti et ce, depuis 2007… »

Le tweet de sa collègue de l’Assemblée, la députée PS Axelle Lemaire, n’a pas traîné, réponse cinglante qui s’apparente à une gifle :

Affaire #Copé : j’aimerais que l’on m’explique pourquoi l’UMP a voté CONTRE la loi sur la #transparence de la vie publique ? Trop gênante ?

De même : « Faut-il rappeler que les comptes des partis politiques, comme d’ailleurs les subventions aux organismes de presse, sont déjà consultables ? », rappelle Alain Vidalies, ministre chargé des Relations avec le Parlement.

Copé aurait encore pu s’en tirer par le haut en démissionnant, lui, le « gaulliste ». Mais non, il promet, sans rire, que « les éléments comptables de l’UMP seront placés dans une pièce qui sera scellée par un huissier, laquelle ne sera rouverte qu’après l’adoption de cette proposition de loi ». En gros, après la Cinquième Guerre mondiale…

Se disant victime lui et ses proches d’une « véritable chasse à l’homme » orchestrée par des médias qui utiliseraient des moyens dignes de « l’Inquisition » (sic), Copé s’invente un monde de complots pour justifier son incroyable échec. L’horizon est sombre pour le maire de Meaux. Le virage social-libéral assumé de Hollande, une primaire UMP 2016 qui s’annonce sinistre, l’ombre grandissante de Nicolas, le FN peut-être en tête des européennes…

L’espace politique se rétrécit dangereusement autour de Jean-François, peu à peu lâché par son camp. Le costume étant sans doute trop grand pour l’apparatchik parce que, soyons honnêtes, Copé, c’est la même race de politicards que les Benoist Apparu ou autres Rihan Cypel. “Des gars qui causent comme des vendeurs d’aspirateurs », aurait dit ma grand-mère. Des Séraphin Lampion imbuvables qu’on se coltine à chaque alternance, qui coincent d’un pied votre porte pour vous vendre leur même camelote frelatée. De Gaulle avait un nom pour ça : « politichiens ».

6 mars 2014

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