Accueil Editoriaux COP21 : les larmes de Fabius…
Editoriaux - International - Presse - 14 décembre 2015

COP21 : les larmes de Fabius…

Personne n’a pu manquer samedi soir dans les journaux télévisés, Laurent Fabius, la larme à l’oeil, annoncer vaillamment « l’accord de Paris pour le climat est adopté ». Que d’émotion quand on sauve la planète !

Mais comment sont-ils arrivés à ce miracle ? Comment ont-ils fait pour faire signer 197 nations aux objectifs divergents, à faire plier l’Inde qui prévoyait de construire un nombre considérable de centrales à charbon pour électrifier le pays ? Aurait-elle enfin renoncé à son développement ? De même pour la Chine, principal pays émetteur de CO2, qui avait dit ouvertement qu’elle préférait s’attaquer à la pollution par les particules qui asphyxient ses villes, qu’à ces émissions ? Même les pays producteurs de pétrole ont signé ! et notre Président seraient-ils devenu des Dieux vivants, la veille du second tour des élections régionales ?

Rappelons tout d’abord que le CO2 est un gaz essentiel à la vie et qu’il compose l’air que nous respirons à raison de 0,04 % de sa composition. Les émissions de ce gaz liées à la combustion anthropique des énergies fossiles présentent, selon le GIEC, une augmentation de 4,8 % /an de ces 0,04 %. Elle serait responsable de tous les maux de la planète : inondations et sécheresses, canicules et vagues de froid, exodes de populations, conflits récents…

Il était « urgent d’agir », mais l’urgence est telle que ça ne sera pas avant 2020. C’est ce que prévoit l’accord “historique” de Paris, et ce que regrette, selon un article du JDD du 12 décembre, l’ensemble des ONG. Ce n’est pas tout : parmi les pays signataires, 186 ont annoncé qu’ils prendraient des mesures pour limiter ou réduire leurs émissions uniquement à l’horizon 2025-2030. Tout cela paraît bien loin, mais ne serait-ce pas ce que la Chine avait dit et répété dans ses engagements qu’elle avait rendu publics ?

Pour compenser ce laisser-aller, “l’exploit” de l’accord de Paris consiste à mettre en place un mécanisme de révision (tous les 5 ans) des engagements nationaux. Chaque révision devra présenter une progression par rapport à la précédente, mais la première obligatoire n’aurait lieu qu’en 2025, et ce que s’engagent à réaliser les pays est basé sur le volontariat. Tout le monde n’a pas la même vision de « l’urgence d’agir » si chère à Nicolat Hulot.

Et les pays en développement, qui attendaient impatiemment leurs 100 milliard d’euro par an pour se développer proprement, sont-ils satisfaits ? Oui, chose promise, chose due mais, mais toujours à partir de 2020. La générosité des gouvernements européens est sans faille avec l’argent de nos impôts ! La Chine, la Corée du Sud et les pays pétroliers, quant à eux, sont simplement invités à fournir un soutien « à titre volontaire ». C’est aux pays “développés”, qui ont lancé cette brillante idée, de tenir leur promesse.

Le même jour, le Global Warming Policy Forum a publié un communiqué de presse. C’est un groupement indépendant constitué en grande partie d’ex-auteurs ou relecteurs du GIEC, dont ils ont démissionné. À l’issue de l’annonce de cet accord “historique”, ils ont écrit : « L’accord de Paris est une autre reconnaissance de la réalité internationale. La preuve est apportée, une fois de plus, que le monde en développement n’est pas d’accord avec quelque accord légalement contraignant, et que peu lui importe la réduction de ses émissions de CO2. » Il est écrit plus loin : « Par rapport au protocole de Kyoto, l’accord de Paris enlève toute obligation légale pour les gouvernements de limiter ou de réduire les émissions de CO2. ».

Mais alors, les larmes de notre ministre étaient-elles bien dues à l’émotion de l’instant historique ou à la défaite d’une idéologie irréaliste pour laquelle aucun excès d’actes ou de langage ne lui a paru suffisant ? Je vous laisse juge.

À lire aussi

Convention citoyenne pour le climat : un leurre de démocratie

Dans le même temps, le 18 juin, le Premier ministre indien annonçait qu’il « déverrouille …