COP21 : la Chine et les USA ont signé. Le monde est sauvé… ou pas

Après le vibrant appel de Laurent Fabius dans le journal Le Monde.fr du 30 août, voici que, subitement, la Chine et les USA ont ratifié l’accord de Paris. La COP21 ne serait plus un échec. Notre presse nationale s’en est fait l’écho mais, curieusement, sans trop en faire. Que nous cachent-ils ?

Pour commencer, la Chine, étonnant signataire, continuera la mise en place de ses centrales à charbon, comme prévu jusqu’en 2030, contrairement à l’image verdâtre que son dirigeant Xi Jinping vient soudain de se donner. Les dirigeants de ce pays, qui n’ont rien perdu de leur pragmatisme, comptent, avec cette signature, masquer leurs désirs de conquêtes en mer de Chine et entraîner d’autres pays dans leur sillage. Ceux-ci perdront alors un peu plus de leur compétitivité économique par rapport à eux.

En effet, selon Laurent Fabius, cet accord prévoit “la concrétisation des engagements financiers pris envers notamment l’Afrique, l’extension de la tarification du carbone, la pénalisation des énergies fossiles, la dynamisation des énergies propres”, autrement dit tout ce qu’il faut pour pénaliser financièrement, d’une part, les citoyens des pays signataires qui seront mis à contribution par des taxes supplémentaires et, d’autre part, la production industrielle de ces pays.

Mais peu importe puisqu’il s’agit de sauver la planète, et toute la diplomatie française est mobilisée pour faire pression sur ceux qui n’ont pas encore signé, la France, avec son économie moribonde, figurant évidemment parmi les bons élèves.

Tout cela, les sénateurs américains l’ont bien compris et le président Obama devra se passer de leur signature et se contenter d’un décret d’approbation afin de ne pas décevoir la diplomatie française. Quelle est la portée concrète de ce décret ? Probablement très faible et en rapport avec l’absence de contrainte de l’accord de Paris.

Pendant ce temps, la Turquie a planifié la fabrication de 80 centrales à charbon et on sait que l’Inde ne signera pas cette année car son pragmatique Premier ministre ne veut pas entraver le développement de son pays, qui a besoin d’électricité pour sortir ses habitants de la misère. Elle continuera donc, aussi, la mise en place de centrales à charbon car c’est le seul moyen, pour eux, de produire de l’électricité bon marché.

Au niveau européen, seuls trois États dont la France ont ratifié le texte mais, tant que chaque pays membre et le Parlement européen ne l’auront pas approuvé, leurs voix ne seront pas comptabilisées par les Nations unies.

Tout cela n’empêche pas Ségolène Royal de déclarer “qu’elle se montre optimiste” sur la ratification de l’accord par l’Union européenne, et de continuer à nous faire croire que la France guide l’Europe et le monde par une influence incontournable et des gesticulations autour d’un gaz invisible, inodore et pour lequel un collectif de scientifiques appelé CO2 Coalition vient de publier un livre blanc rappelant qu’il est bénéfique pour la planète ! Pauvre France.

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