Ils ne manquent pas d’air. Pendant qu’une partie de la planète crève la dalle, les grands de ce monde savourent les mets les plus raffinés dans des ambiances feutrées. Après avoir brûlé des tonnes de Kérosène pour se rendre à la COP 21, ils se disent tous conscients des causes et des conséquences d’un réchauffement climatique mais, une fois rentrée à la maison, rechigneront tous à engager leur pays sur la voix drastique d’une réduction à la source des émissions de CO2.

De sommet en sommet, les constats se succèdent. Celui de Paris ne changera rien. Entre les pays les plus riches, les pays émergents et les plus pauvres, il ne peut y avoir qu’un dialogue de sourds d’où même la résolution la plus sensée au profit de la planète a peu de chance d’aboutir.

Alors que François Hollande se plait à disserter au côté d’Obama sur ce qu’il serait bon de faire, s’enorgueillit à l’idée d’être celui qui pourrait marquer l’histoire d’une empreinte verte, une coulée de boue toxique a rejoint l’océan Atlantique, tuant au passage des milliers de poissons et privant d’eau un demi-million d’habitants. Cette pollution provient d’une mine de fer brésilienne dont l’un des barrages de rétention a cédé début novembre, libérant 60 millions de mètre cube de déchets. La biodiversité du fleuve Rio Doce, deuxième plus important cours d’eau du Brésil après l’Amazone, est totalement détruite. Contaminées, des terres sont désormais infertiles. L’impact environnemental est considérable au point que les autorités sont dans l’impossibilité de définir avec précision l’étendue des dégâts. “C’est la plus grande catastrophe environnementale de l’histoire du Brésil”, a indiqué Izabella Teixera, ministre de l’Environnement brésilienne. Deux autres barrages présentent des risques de rupture.

En France, des espaces à protéger sont bouleversés pour satisfaire les caprices de la modernité. La fièvre bâtisseuse au nom de l’intérêt général a enfreint bon nombre de recommandations durables. Des zones humides sont ainsi ravagées pour construire ici un supermarché, là-bas un aéroport. Des ruissellements sont régulièrement contrariés par des opérations urbaines qui façonnent à l’image de la ville des bourgades rurales. 
Il ne s’agit pas de prôner un retour à l’âge de pierre mais d’appeler nos décideurs, y compris notre donneur national de leçons qui vient de se découvrir une fibre écologique, a davantage de raison, d’anticipation des risques et de considération pour la nature et ses composantes.
 
À trop jouer aux apprentis sorciers, la planète un jour pourrait commencer à manquer d’air. Ils ne seront plus là pour en discuter mais en porteront une lourde responabilité.  

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