Le prochain appel aux urnes pour élire le président de la République risque de tourner au grand fiasco démocratique. Déjà, lors du rendez-vous précédent, les cabrioles de DSK, la sauce béarnaise tournée rose et la défection massive des frontistes au second tour nous avaient menés au résultat que l’on a subi. Cinq ans de purgatoire !

L’élection par défaut, voire par hasard, de François Hollande avec une majorité représentant moins de 40 % des 45 millions d’électeurs – et moins de 30 % des Français – fut une farce qui n’est pas à l’honneur de la République et des citoyens !

Le prochain épisode de la série « Quinquennale » s’annonce avec encore davantage d’imprévus et de surprises, car le syndrome des 3D la menace !

Non, hélas, il ne s’agit pas d’une belle représentation en relief d’urnes emplies à ras bord de bulletins déterminés. Au contraire, elle risque de s’engluer dans le marécage plat et fangeux dans lequel barbote Le Canard.

Déboires, défections, défaut – vote par… -, voilà les grands actes du scénario qui nous est désormais proposé !

Le candidat Fillon, brillamment sélectionné par le peuple de droite, est mis en défaut. Les têtes des Républicains font défection tour à tour, entraînant les petites mains du dispositif de campagne, alors que l’engouement des sympathisants est puissant, sinon renforcé – voir le meeting de Nîmes et ses nombreux témoins fervents et non assistés !

En imaginant une suite écrite à la va-vite où la droite n’aurait plus de candidat, ou un candidat de substitution n’ayant aucun agrément populaire, la pire chute est à redouter, dans une grave crise de régime. Votes par défaut, abstention record, est la toile de fond promise à une démocratie totalement pervertie !

Face à l’abstention et au rejet dégoûté ou paresseux, le , représentant une action déterminée des électeurs, devrait être la manifestation puissante et pacifique d’une « révolution citoyenne » fomentée par un tel viol démocratique !

On va objecter en chœur que c’est un vote inutile.

Je rappelle une loi ignorée de la plupart des Français et absolument pas promue – on le comprend – par les candidats en lice et autres orateurs. Votée en mars 2014, elle fait reconnaître le vote blanc distinct du vote nul. Maigre progrès, mais réelle interrogation sur la pertinence démocratique des scrutins.

Que répondait, alors, son rapporteur à la question de son intérêt :

– Pour enrayer l’abstention. Certains citoyens peuvent être incités à se déplacer pour voter grâce à cette meilleure prise en compte du vote blanc.

– Pour analyser le phénomène. Cette nouvelle classification va permettre de connaître l’exacte ampleur du vote blanc. Ces résultats vont pouvoir être analysés par les politologues. Ils vont permettre aux politiques de se remettre en cause et de s’interroger sur leur offre si le vote blanc est trop élevé. »

La dernière phrase est éloquente !

Certes, un scrutin blanc massif laisserait le pays et les politiques du moment dans une situation ubuesque. Avec son statut actuel, cette expression n’empêcherait pas le pseudo-vainqueur a minima de gravir les marches de l’Élysée. Mais n’ayant pas le support du peuple et très probablement pas de majorité parlementaire pour gouverner, il lui resterait cependant, pour s’inscrire dans la postérité républicaine, à marquer son mandat avec une réforme constitutionnelle mettant le vote blanc à égalité avec les autres bulletins.

Les constitutionnalistes devraient permettre d’évaluer le poids que constituerait ce candidat virtuel et les moyens légaux de lui substituer une alternative réelle utile et acceptable. Important défi !

En attendant, on pourrait peut-être solliciter François Bayrou, expert en remplacement ou replacement, et architecte pugnace du grand Rassemblement..

4 mars 2017

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