Ce pays est devenu à la fois complètement fou et complètement abruti.

Complètement fou d’abord. Je pense à l’interdiction prononcée par un tribunal inquisitoire contre l’hérésie manifeste du conseil général de la Vendée qui a eu l’impertinence de placer une crèche de la nativité dans l’entrée de son bâtiment. La décision a été prise suite à l’action intentée par une de ces associations dont la nature relève de cette pathologie qu’on ne trouve qu’en France et qui est l’automutilation masochiste nationale. Face à ce nouveau Comité de sûreté générale des temps modernes et pour emprunter des termes relevant de la religion, justement, les gens qu’on peut qualifier encore de normaux… n’ont vraiment plus le droit au chapitre.

Parti comme c’est parti, ce sont carrément toutes nos cathédrales gothiques qui sont en danger parce qu’elles sont promises nécessairement à la démolition. En effet, par leurs dimensions grandioses, elles sont plus qu’un signe ostentatoire. Et si elles ne sont certes pas des services publics, du moins, par la puissance de leur “emblème religieux”, elles violent — c’est une évidence qui saute aux yeux ! — “le principe de neutralité du service public” parce qu’elles ont eu l’audace, ces impies, de se poser sur le domaine public… comme le font souvent les Roms. Seulement elles, on ne peut pas les expulser ! Seulement les démolir, donc.

Par contre, quand des quartiers entiers de nos grandes villes comme Barbès-Rochechouart à ou Saint- à Bordeaux n’ont plus de français que le nom, c’est-à-dire qu’ils ne sont plus que des casbahs qui nous soumettent à la risée des étrangers qui visitent Paris, ou quand des centaines de musulmans monopolisent des rues pour prier — imaginez les cris d’orfraie des gens bien-pensants si des catholiques faisaient la même chose ! — et quand des mosquées sont construites, souvent d’ailleurs avec l’aide de subventions en provenance des collectivités territoriales… alors là, bizarrement, “l’emblème religieux” et le “principe de neutralité du service public” disparaît comme par enchantement. On appelle cela la démocratie, pauvre fille qu’on déshabille de la sorte ! Il serait bon d’inviter nos juges aux œillères de cuir noir épais qu’ils ajoutent, au service public, la notion de domaine public.

Complètement abruti, ensuite. Mais, ce qui est plus étonnant encore, c’est la passivité, la résignation, la pusillanimité même de ceux qui sont victimes de cette débilisation intensive exponentielle. Après le jugement, le conseil général de la Vendée a enlevé la crèche et place nette a été faite. Cette réaction de gens qui – il faut avoir le courage de le dire – se couchent chaque fois que la “connerie” sévit, est proprement aberrante et même plus dangereuse encore que la décision du tribunal elle-même, tout simplement parce qu’elle offre un boulevard, une courbe exponentielle à ladite “connerie”. Pourquoi le président du conseil général de la Vendée n’a t-il pas dit : “non ! je n’obtempérerai pas” ? Pourquoi n’a-t-il pas appelé les gens du département à venir crier dans la rue, et se rendre devant ledit tribunal pour exprimer leur ferme réprobation ? Il est temps de dépasser l’indignation, celle-là même que Stéphane Hessel avait préconisée.

Philippe de Villiers, ex-président du conseil général de la Vendée, a eu raison d’appeler “les élus du département à ne pas appliquer cette décision inique”. Car effectivement, contre la débilisation intensive exponentielle, il n’y a qu’une parade et cette parade a un nom : la désobéissance civile. C’est elle qui a permis au grand Gandhi de mettre l’Angleterre à genoux et à l’ de recouvrer son indépendance. Elle a déjà trouvé un adepte inébranlable : Robert Ménard, maire de Béziers. Bonne chance à vous Monsieur le Maire !

11 décembre 2014

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