Incapable de s’affranchir du cadre supranational qui détruit nos emplois – euro cher, frontières non régulées, contraintes étouffantes –, le gouvernement enregistre sur le plan économique défaites après déroutes. 

Tant et si bien que la promesse d’inversion de la courbe du chômage – objectif pourtant bien modeste puisqu’elle correspondrait en réalité à un simple ralentissement de la hausse – ressemble aujourd’hui de plus en plus à un Graal inatteignable. Le ministre du Travail a donc beau jeu de reconnaître son échec, il ne surprend en vérité personne. Et pour cause : les Français n’attendent plus de ceux qui ont créé les problèmes qu’ils soient en mesure de les résoudre. 

Alors, pour mieux masquer son impuissance, le gouvernement fait semblant d’agir. Et en la matière, il faut lui reconnaître un certain talent. Après le vrai-faux contrôle des chômeurs et la vraie-fausse réforme des 35 heures, monsieur Valls nous sort désormais de son chapeau à polémiques le… « contrat unique ». 

Attentio, Mesdames Messieurs, vous allez voir ce que vous allez voir. Un contrat « unique », où la protection et les indemnités de licenciement augmenteraient progressivement avec la durée de l’emploi de chacun. Sur le papier, l’idée du Premier ministre paraît meilleure que celle des autocars réservés aux pauvres de son ministre de l’Économie. 

Mais Monsieur Valls oublie (involontairement) deux choses.

D’une part, il oublie de rappeler que ce contrat unique existe déjà : il s’agit du CDI. Alors certes, il faut radicalement simplifier le Code du travail. Certes, il faut faciliter la possibilité de licencier un salarié qui ne donne pas satisfaction à son employeur. Certes, il faut mieux encadrer et mieux définir les risques qui pèsent sur l’employeur qui décide de se séparer d’un collaborateur. Certes, certaines sanctions pénales sont ridiculement inadaptées à la gestion quotidienne d’une entreprise, notamment de petite ou moyenne taille. Mais en instaurant un contrat unique, le législateur ne réglerait aucun de ces problèmes. Il se contenterait de précariser le travail pour l’ensemble des salariés, plutôt que de donner les moyens à l’employeur de faire lui-même le tri entre ses bons et mauvais éléments.

Monsieur Valls oublie d’autre part de rappeler que dans les faits, aujourd’hui, l’unique type de contrat qui est conclu aujourd’hui en , c’est le CDD. Une grande majorité des embauches sont en effet concernées par ce type de contrat précaire pour le salarié, mais d’ailleurs pas sans risque pour l’employeur. Notamment le risque de requalification en CDI et les conséquences financières afférentes qui ne sont pas nulles.

En créant un contrat unique dont les contours restent à définir, c’est en réalité du CDD que le gouvernement veut faire la règle, ce qu’il est déjà dans les faits.

Pourtant, le contrat unique ne réglerait en rien le mille-feuille du droit syndical, le cauchemar du temps de travail ou bien encore la complexité des statuts collectifs. 

Les employeurs ont aujourd’hui un besoin vital de prévisibilité et de simplicité. En leur offrant de précariser l’ensemble de leurs salariés, le gouvernement choisit une solution de facilité.

Mais, pour qui se cache derrière les bourreaux bruxellois du modèle social français, il est toujours plus facile d’abattre à la hache que de réformer à mains nues.  

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