Editoriaux - 22 août 2019

Connaissez-vous les parklets d’Anne Hidalgo ?

Floris de Bonneville évoquait, récemment, les 7.396 chantiers qui « enjolivent » la capitale à la tristesse des touristes et à la rage des automobilistes. C’est qu’il existe probablement, à la mairie de Paris, un SCREMA (Service de conception et de réalisation d’emmerdements maximum des automobilistes). Et ces gens-là ne se reposent jamais ! Outre les travaux-fantômes, avec les potelets, les emplacements de livraison, de transports de fonds, de handicapés… on croyait en avoir fait le tour à peu près exhaustif.

C’était sans compter sur l’inventivité du SCREMA (ils se relayent 24h/24, sinon ce ne serait pas possible !) avec la mise en place des parklets… Ce concept baptisé d’un mot-valise propre à hérisser les Québécois, nous vient, bien sûr, de Californie, matrice d’à peu près tous les délires du « modernisme ».

Il s’agit d’aménagements, évidemment disposés en lieu et place de deux ou trois stationnements, sinon ce ne serait pas drôle, consistant en de petites terrasses parquetées de bois (probablement imputrescible et prélevé dans ces forêts exotiques dont les écolos déplorent si souvent le massacre).

Sur cette base, chaque parklet vise à incarner l’esprit du quartier dans lequel il est installé. Devant la Bourse, tables et bancs pour que les salariés puissent se détendre en contemplant ces ballots d’automobilistes fulminant au volant. « Dans le IVe, il est végétalisé et fait honneur à la nature en ville. Le parklet du XVe est destiné à la réparation de vélos alors que celui du XVIIIe s’intéresse plus à la culture en proposant des petits concerts et des réunions de quartier », déclare Julien Brouillard, membre de l’association Dédale, qui mène ce projet baptisé Urban Folies (l’aveu !), bien évidemment financé par le budget participatif de la ville de Paris.

Attendons-nous donc, à Pigalle, à de profonds sofas, à un distributeur de sorbets quartier Glacière, de shit à Barbès et, qui sait… de fauteuils Voltaire sur le boulevard éponyme ? Pour le quartier du Marais c’est encore un peu flou, mais un appel à projet est en cours : chacun peut proposer ses idées jusqu’au 6 septembre. Paris sera toujours Paris !

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