Je vous conseille une expérience : tapez « babtou » dans le moteur de recherche de Twitter, et régalez-vous de tous les « tweets » qui évoquent l’homme blanc (car « babtou » est le verlan de « toubab », qui veut dire, en malinké, « l’homme blanc »).

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Je passe sur le côté éminemment raciste de la plupart de ces messages, côté qui ne semble déranger ni SOS Racisme ni le gouvernement, si prompts à demander des comptes à Twitter lorsque des messages antisémites, homophobes, ou racistes anti-noirs ou arabes abondent. On sait depuis longtemps que le seul racisme autorisé en France est celui manifesté à l’égard des blancs. Pas de quoi fouetter un Harlem Désir.

L’attrayant est ailleurs : il est souvent fait mention (pour s’en moquer) des « babtous fragiles ». Qu’est-ce donc cela ? Après une petite analyse, il s’agit du qualificatif désormais classique pour qualifier les blancs, beaucoup de blancs.

En gros, les « babtous » sont considérés comme fragiles parce que souvent (d’après ces « jeunes » qui en rigolent) il arrive à ces derniers de pleurer, de se suicider, de se laisser faire ; ils seraient incapables de se défendre physiquement, seraient des « victimes ». En somme, ils seraient des faibles. Voilà qui est intéressant !

Plusieurs réactions sont possibles face à cette expression de « babtous fragiles » qui semble être largement utilisée parmi les jeunes d’origine immigrée :

1) Vous pouvez d’abord crier au racisme et à l’intolérance – certes, ce serait justifié. Mais je vous le dis tout net : vous aurez beau crier, on ne vous entendra pas.

2) Vous pouvez aussi vous poser cette question : auraient-ils raison ? Les hommes blancs, les « souchiens », les « babtous » comme ils disent, seraient-ils devenus particulièrement faibles face à la vie ?

Pour ma part, j’ai choisi la deuxième réaction. Oui, ils ont bien raison : l’image que donnent aujourd’hui beaucoup de « babtous » en France est pitoyable. Pleurnichards, soumis, iréniques, naïfs, contrits, lâches, faiblards… Il faut bien l’avouer, nous vivons dans une société qui produit plutôt ce d’hommes actuellement.

Ce racisme à notre encontre serait donc de notre faute ? Pour ma part, ma décision est prise : le temps est venu de réagir. De lever la tête, enfin. Et vous ?

 

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