C’est Le Parisien qui a recueilli les confidences des proches d’, compagnons de la première heure, visiteurs du soir, etc. On imagine d’ici, derrière l’anonymat, toute cette joyeuse troupe qui déposait, il y a deux ans et demi, ses valises à l’Élysée.

Et le florilège est à la fois rassurant et inquiétant. Stupéfiant dans tous les cas. Rassurant, car la Macronie la plus rapprochée semble découvrir ce que les Français ont très vite perçu, et inquiétant, car le principal intéressé semble vraiment déconnecté, à dix mille lieues des préoccupations des Français. Ce n’était donc pas qu’une impression…

Au sujet de la réforme des retraites : « Zéro plus zéro ! Macron n’a pas travaillé son sujet. Il est responsable à 100 % de ce qui arrive. »

Au sujet de l’enfermement présidentiel : « Je ne l’appelle plus. Ça ne sert à rien, c’est même contre-productif. Il n’écoute personne ! »

Un autre conseiller confie, toujours dans Le Parisien, avoir arrêté d’envoyer SMS ou messages sur Telegram, « pour ne pas voir ses mots dépasser sa pensée ». Un fidèle qui ne mâche pas ses mots : « C’est très mal barré. À ce rythme, il va perdre son deuxième quinquennat. Ça a été tellement mal expliqué… Il a toujours eu une longueur d’avance, mais il ne comprend pas le peuple. »

Enfin, le Président solitaire parvient même à exaspérer ses collaborateurs : « On se démène comme des fous. Mais il ne nous fait jamais le moindre retour, ni remerciement », confie un ministre. Un conseiller avoue : « Il y en a à qui il ne parle jamais. » Chez les députés aussi, le doute s’est installé, alors que la grève dépasse le record de 1995 et se rapproche de celle de 1986 : « Il n’a pas de lien avec nous », déplore une députée LREM qui a le sens de l’euphémisme.

Le Parisien est allé demander une réaction au Palais : « C’est vrai qu’il y a une petite grogne, en mode : on ne nous traite pas. Mais il a prévu de les rencontrer courant janvier », a rétorqué un conseiller.

« Une petite grogne » : au Palais aussi, on a le sens de l’euphémisme.

29 décembre 2019

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