En voulant tenir un discours de tolérance « pour tous » et de « progrès », madame Najat Vallaud-Belkacem réalise une belle performance de propagande bien-pensante dans sa conférence de presse de ce lundi 29 août 2016.
S’essayant à des élans lyriques pour tenter de montrer, avec une ostentation suspecte, son amour de l’école, mais tentant en réalité de voiler sa haine d’une institution qu’elle perçoit comme trop à droite, elle utilise des chiffres et des références historiques à pondérer, pour les premiers, et à nuancer, pour les seconds. Elle déclare, par exemple : "La laïcité a été instaurée dans nos écoles plus de vingt ans avant la séparation de l’Église et de l’État. L’école française a été laïque avant la République." Pour être tout à fait juste, Madame le Ministre, vous devriez rappeler que l’école a été chrétienne environ deux cents ans avant d’être républicaine, puis laïque, de même que notre République est redevenue chrétienne avant d’être laïque et que c’est justement parce que l’école et la République ont d’abord été chrétiennes qu’elles sont ensuite devenues laïques ; par suite de quoi, il paraîtrait logique de conclure que, pour que l’école et la République restent laïques, il faut rappeler aujourd’hui avec force et plus que jamais que la France est chrétienne.
Pourquoi, donc, jeter un voile sur cette question, si ce n’est parce que vous tenez absolument à raviver les querelles passées sur une institution que vous fantasmez comme l’émanation de la Révolution et de ces progressistes du XVIIIe siècle, pourtant barbares, qui guillotinaient à tout va, surtout les chrétiens ?
Mais le plus inquiétant de votre discours reste sans conteste cette phrase apparemment anodine : "L’objectif de la refondation de l’école […] peut se résumer aisément par les mots suivants : lire, écrire, compter et penser pour tous." Vous aviez balayé d’un revers de main, au début de votre discours, les accusations, que vous estimez simplistes et caricaturales, de « rééducation » et de « bourrage de crâne » de votre réforme de l’école par la droite et l’extrême droite pour la justifier finalement par cette formule finale : "Penser pour tous."
L’école sera donc le seul lieu où l’on saura vous faire « penser pour tous » ? Sous-entendez-vous que les familles ne permettent pas à leurs propres enfants de « penser » ? À quelles familles songez-vous, alors ?
Certes, vous esquissez le contexte des attentats et avancez le mot « prêches », mais c’est peut-être pour mieux voiler les réalités que vous placez derrière vos intentions : car pourquoi, alors, vous acharner tout au long de votre discours à discréditer la vision de la droite comme appartenant à un passé révolu, tant en érigeant votre réforme comme un modèle parfait en phase avec le monde d’aujourd’hui qu’en considérant qu’il n’existe plus désormais que le « monde numérique », que vous représenteriez face à un monde de droite avant 2012 qui aurait été inefficace et catastrophique ?
Oseriez-vous dire que vous n’êtes pas l’illustration parfaite au contraire de ce modèle de réussite des politiques de droite que vous décriez tant ?





















