Le ramadan débutera aux alentours du 18 juin. De plus en plus de musulmans suivent, en France, cette pratique religieuse, qui n’est pas en soi critiquable. C’est en quelque sorte l’équivalent du carême dans la foi chrétienne. Elle soulève, cependant, certaines questions selon l’objectif des pratiquants.

Tout d’abord, contrairement à l’Église catholique qui admet des assouplissements au carême, la religion musulmane est très stricte. Dans des pays où l’islam est religion d’État, la veille à une application rigoureuse des règles. Ainsi, RFI rapporte que, l’an dernier, en Arabie saoudite, gardienne des lieux saints de l’islam, les non-musulmans devaient respecter le ramadan sous peine de se voir expulser. Il peut arriver aussi, même en France, que des pressions, voire une répression, soient exercées à l’égard des contrevenants. Nous en tirerons une première conclusion : nous avons de la chance de vivre dans un pays laïc qui n’est pas soumis à des règles dogmatiques – encore qu’un certain laïcisme militant puisse poser problème. Cette chance, il faut la sauvegarder !

Si cette pratique constitue l’un des cinq piliers de l’islam, quelques dérogations sont bien prévues : les enfants, les femmes enceintes, les personnes malades ou les voyageurs, qui doivent s’acquitter d’une compensation. En revanche, passer un examen n’est pas considéré comme une raison valable d’abandonner le jeûne. Les écrits du baccalauréat se déroulant du 17 au 24 juin, que feront les candidats ? Quel sera l’état physique de certains d’entre eux ? Pourquoi les imams n’assouplissent-ils pas les règles dans une telle circonstance ? Une seconde conclusion s’impose : la tradition occidentale est, heureusement, beaucoup plus libérale et réaliste que la tradition musulmane.

Mais c’est surtout dans les prisons que la pression monte lors du ramadan. Selon Le Figaro du 12 juin, “la radicalisation islamiste met les prisons sous tension”. Il ajoute que “la situation est tendue. Et chacun compte ses troupes, radicaux comme administration pénitentiaire”. Un directeur d’établissement se demande “si cela sera l’occasion, pour les plus radicaux, de faire le coup de force ou si l’on n’aura droit qu’à de petits incidents épars”. Nous en tirerons une troisième conclusion : beaucoup de musulmans pratiquent le ramadan par tradition religieuse. Mais, pour les plus radicaux, c’est un moyen d’affirmer leur haine des valeurs occidentales.

L’islam ne fait pas la distinction entre le religieux et le politique. Il est faux de prétendre qu’il n’a rien à voir avec l’islamisme : comme dans un dégradé de couleurs, on peut passer progressivement d’un islam modéré dans ses pratiques à un islam violent, d’une religion individuelle à une religion impérialiste, d’une religion pacifique à une religion fanatique. En France, les plus radicaux sont minoritaires, mais l’histoire a prouvé qu’une minorité pouvait être dangereuse. Ce sujet est sensible, mais il serait coupable de le taire : il ne faut tomber ni dans la stigmatisation ni dans l’angélisme. Il est urgent que nos dirigeants politiques et les responsables de la religion musulmane le traitent sérieusement. Dans l’intérêt de tous !

12 juin 2015

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