2016 commencera traditionnellement à Vienne avec le concert du Nouvel An. 2015 à s’achève, tout aussi traditionnellement, un peu en cacaphonie – pardon : en cacophonie – au sein du gouvernement. Cacophonie entre le talentueux chef d’orchestre d’origine catalane et le premier violon de l’ensemble gouvernemental – je veux parler de la grande Ségolène – qui excelle aussi à la grosse caisse et à la flûte traversière.

De quoi s’agit-il, comme disait Foch qui savait mettre en musique un plan de bataille ?

Le préfet de la région PACA a autorisé, le 28 décembre, l’industriel Altéo à rejeter pour une durée de six ans ses effluents aqueux – en d’autres termes, ses déchets – dans la grande bleue, et plus précisément dans le parc des Calanques. Cette décision s’appuie sur l’avis du Conseil supérieur de prévention des risques technologiques, conseil rattaché administrativement au ministère de l’ dont le ministre est qui vous savez.

Mais voilà, qui vous savez s’est immédiatement fendue d’un communiqué à l’AFP dans lequel elle conteste cette décision : “Je désapprouve cette décision, je n’ai pas du tout changé d’avis, je pense que c’est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l’emploi.” Et le ministre de déclarer que l’ordre est venu directement du Premier ministre au préfet. Et Matignon de répliquer que non. Et de rajouter, en mode sérénade, mezza voce, qu’il s’agit “d’un cas relativement classique de désaccord entre deux cabinets ministériels, ceux de l’Économie et de l’Écologie”. Nous voilà rassurés.

Bon, alors, mais ces boues rouges (il paraît que c’est leur couleur), on fait quoi, chef ? L’ ne nous le dit pas pour l’instant. On verra ça lundi, peut-être…

Cette décision préfectorale est-elle bonne ou mauvaise pour l’ ? Représente-t-elle une menace pour ce trésor inestimable que constitue le parc des Calanques ? Vous comme moi n’en savons rien. Je n’irai donc pas sur ce terrain.

En revanche, cette affaire ne nous montre-t-elle pas – une fois encore, et malgré les explications aseptisées de Matignon – que l’harmonie ne règne pas au plus haut de l’État, que certaine dans ce gouvernement joue sa partition sans se soucier du chef d’orchestre ? D’autres s’y sont essayées par le passé mais furent renvoyées comme des souillons et ce, en dépit de leur joli minois. Il est vrai qu’il y a ceux qui jouent du piano et ceux qui les portent… Il y a les divas et celles qui font les utilités en première partie de spectacle. Ainsi va la vie. Et le chef d’orchestre ? Franchement, ne lui trouvez-vous pas quelque chose, non pas de Tennessee, mais du maestro Stanislas Lefort. Vous savez, le chef qui dirigeait La Damnation de Faust de Berlioz dans La Grande Vadrouille !

Au moment où j’achève ce papier, j’apprends – cela ne s’invente pas – que Nolwenn Leroy est venue apporter sa voix mélodieuse à ce concert de fin d’année offert par le grand orchestre de Matignon et ce, pour soutenir notre Castafiore de l’Environnement. Et en plus, si l’affaire devient , maintenant…

31 décembre 2015

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