La Commission européenne toujours en guerre contre la Pologne conservatrice

Le socialiste hollandais Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne chargé de l’Amélioration de la législation, des Relations inter-institutionnelles, de l’État de droit et de la Charte des droits fondamentaux, prétend agir non pas contre les Polonais mais, au contraire, pour leur bien.

Et c’est pour leur bien qu’il appelait donc, à la 53e conférence de Munich sur la sécurité qui se tenait du 17 au 19 février, tous les pays européens hormis l’Allemagne – paraît-il pour des raisons historiques – à se joindre à la Commission européenne pour exercer des pressions sur Varsovie. Et, plus exactement, sur le gouvernement conservateur du parti Droit et Justice et sa majorité parlementaire issue des élections d’octobre 2015. Pourquoi ? Parce que, selon celui qui était ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas de 2012 à 2014, le PiS utilise son mandat démocratique pour violer la Constitution polonaise, portant atteinte à l’État de droit dont le respect est indispensable dans tous les pays membres pour le bon fonctionnement de l’Union européenne et l’application des traités européens. C’est par ce raisonnement tordu que le commissaire néerlandais s’arroge le droit de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays membre.

“Laissez-nous respecter notre Constitution et non pas l’idée que vous vous faites de notre Constitution”, lui a rétorqué le ministre des Affaires étrangères polonais dans un échange tendu à la même conférence de Munich. Car dans le conflit qui se déroule depuis maintenant plus d’un an entre la majorité conservatrice polonaise et son opposition libérale-libertaire, le socialiste Timmermans a choisi son camp, et c’est bien entendu le camp libéral-libertaire. Ainsi, alors même que le conflit entre le gouvernement du PiS et le Tribunal constitutionnel polonais s’est éteint avec le départ en décembre, à la fin de son mandat, de l’ancien président du tribunal Andrzej Rzepliński, le commissaire Frans Timmermans a promis qu’il continuerait sa guéguerre jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à ce que le gouvernement que s’est choisi le peuple souverain de Pologne cède à ses injonctions de haut fonctionnaire européen.

M. Timmermans a toujours été partisan d’une Europe fédérale. Une vision à l’opposé de celle du PiS polonais comme du Fidesz hongrois, qui a aussi été un objet privilégié de ses attaques depuis sa nomination à la vice-présidence de la Commission européenne du fait de son refus de laisser passer l’invasion migratoire. Car pour Timmermans, ainsi qu’il l’affirmait en 2015, “l’augmentation de l’islamophobie est un des plus grands défis pour l’Europe” et “la diversité est l’avenir de l’humanité”. Toujours en 2015, le même Timmermans demandait que la Commission européenne fasse en sorte que les pays de l’Union européenne qui n’ont pas le « mariage » homo reconnaissent ces « mariages » quand ils sont contractés dans un autre pays membre.

L’action du commissaire Timmermans illustre parfaitement ce que disait Tocqueville dans De la démocratie en Amérique, à propos des confédérations, à savoir que “les droits accordés à l’Union [sont] pour elle des causes de guerre et non de puissance, puisque ces droits [multiplient] ses exigences sans augmenter ses moyens de se faire obéir. Aussi a-t-on presque toujours vu la faiblesse réelle des gouvernements fédéraux croître en raison directe de leur pouvoir nominal.” Mais, apparemment, le Hollandais Timmermans n’a pas lu Tocqueville, et c’est bien dommage pour l’Union européenne.

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