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Editoriaux - Histoire - Internet - 29 mars 2013

Comment obliger Hollande à nous écouter ? Brainstorming !

Avant l’allocution télévisée du Président, les porte-parole de La Manif pour tous avaient annoncé leur volonté — si d’aventure Hollande s’entêtait à faire le poisson rouge qui fait des ronds dans son bocal, indifférent à ce qui se passe à l’extérieur — de donner aux Français quelques idées d’actions concertées simples. Exemples : transférer tous à la même date les économies du Livret A vers un autre compte. Résilier le contrat de mensualisation pour le règlement des impôts, et payer 2 euros en plus du montant réclamé par l’administration fiscale. Puis cesser de déclarer sur Internet pour reprendre la bonne vieille version papier de grand-papa… La Manif pour tous n’étant, comme chacun sait, qu’un ramassis de vieillards rétrogrades, c’est bien naturel.

L’émission sur France 2 est passée, le poisson rouge est resté. Que peuvent faire encore les manifestants de dimanche pour se faire écouter ? Si on faisait un brainstorming ?

Si François Hollande n’entend rien, ce n’est pas parce qu’il est de mauvaise foi, c’est parce qu’il est sourd. Les bouchons de cérumen, c’est comme les hémorroïdes, personne ne veut en parler mais c’est très handicapant. Ajoutez à cela la baisse d’audition naturelle à l’approche de la soixantaine et vous comprendrez pourquoi le pauvre homme répond toujours à côté : pardi… quand on ne comprend pas les questions ! Manifestants de dimanche, rendez-lui service : envoyez-lui un coton-tige dans une enveloppe. Ce que c’est que d’économiser les bouts de chandelles, déficit oblige, il n’ose sans doute plus faire cette dépense somptuaire. Et si l’on fait à votre coton-tige le même accueil démesuré que l’on a réservé aux « miettes » envoyées en novembre dernier au Président dans une petite enveloppe par 500 agriculteurs de l’Aisne voulant montrer symboliquement ce qu’il leur restait de leur retraite, vous devriez occuper la PJ et les RG pour un moment (Merci à François, lecteur de Boulevard Voltaire, pour cette idée).

Si François Hollande n’entend pas les manifestants, c’est sans doute qu’ils ne crient pas assez fort, il faut donc prendre les grands moyens. Certains parmi eux disposent d’un outil sonore performant, d’une sorte de mégaphone haut perché ayant fait ses preuves à travers les siècles pour alerter la population en cas de guerre ou d’incendie (là, c’est la famille qui prend feu) : les curés de paroisse. Puisque les cloches reviennent de Rome dimanche, si les églises de France les faisaient sonner ensemble à toute volée jusqu’à ce que le monsieur montre le nez à la fenêtre ? « Frère François, frère François, dormez-vous ? »

Si François Hollande fait mine de ne pas entendre, c’est peut-être qu’il est fâché. Fâché que l’on ait vidé ses stocks de lacrymo. Mettez-vous à sa place, il économise jusqu’aux cotons-tiges, et on lui fout en l’air bêtement son gaz qui coûte un bras. Après les frais de jardinage pour la mairie, faites un petit chèque de PAF (participation aux frais) pour le gazage à la préfecture. C’est comme au bistro, on règle ses consommations.

Fâché aussi du manque à gagner pour les boutiques dimanche dernier sur les Champs-Élysées. Ben oui. Les Japonais étaient plus occupés à cracher leurs poumons et prendre des photos d’une France insolite qu’on ne leur avait pas décrite dans les prospectus qu’à acheter des tours Eiffel en plastique et des tee-shirts I love Paris. Une seule solution : fixer une date pour y revenir tous ensemble, histoire d’aller collectivement demander pardon aux commerçants.

Fâché que les manifestants, avec leurs sales gosses et leurs mamies façon Tatie Danielle, aient effrayé ses CRS qui sont des petits êtres fragiles et émotifs avec facilement les nerfs en pelote. Il ne peut plus rien en tirer, lui, depuis dimanche. A été obligé de mettre en place une cellule d’accompagnement psychologique. Ça s’appelle le syndrome traumatique post-manifestant : les pauvres gars ont besoin de parler, ils sursautent et fondent en larmes dès qu’ils entendent un marmot gazouiller. Pas à tortiller, il faut aller se réconcilier avec les CRS : allez les enfants, ce soir, tous à l’Élysée (je dis ça au hasard, parce que c’est souvent par là qu’ils se trouvent), vous leur faites un gros poutou et on n’en parle plus.

À moins que François Hollande ne soit terriblement gêné. Qu’il n’ose plus regarder les manifestants en face et qu’il rase les murs. Pensez, six mois qu’il fait la mijaurée avec les particules fines, le bisphénol et l’huile de palme qui intoxiquent les enfants… Et le gaz lacrymogène, il était bio, bien sûr ? S’il n’y a que ça, il faut le mettre à l’aise. Les manifestants ne sont pas rancuniers. Penses-tu, ils prennent ça avec le sourire. Certains songent même à organiser une grande fête à Paris façon bal des victimes après la Terreur, où l’on ne pouvait aller danser que si l’on avait eu un parent proche guillotiné : ce sera le pique-nique des gazés. Après Paris Plages, Paris gaz. Après l’apéro géant, le lacrymo géant…

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