Sur le site du Figaro Madame, l’anthropologue Dounia Bouzar, cofondatrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), évoque l’embrigadement des Françaises par les islamistes radicaux : certaines n’ont que 14 ans, la plupart ne sont pas issues de familles maghrébines, beaucoup sont athées. Toutes sont bonnes élèves (contrairement aux garçons « ciblés » par les islamistes, le plus souvent en échec scolaire), se projettent dans un métier altruiste - médecin, infirmière, assistante sociale - et s’en sont ouvertes sur Facebook. Il semblerait que ce soit ainsi que les « chasseurs de têtes » islamistes les repèrent. « L’une d’elles avait posté des photos d’un camp humanitaire au Burkina Faso où elle s’était rendue l’été. »

Reste ensuite à les épouvanter avec quelques photos d’enfants déchiquetés en Syrie, et à les séduire avec la perspective d’un « prince charmant barbu » grand, fort et valeureux, qui les attendrait là-bas. Tout en travaillant à détacher les liens familiaux. Elles portent le niqab à l’insu des parents. Caché sous leur lit, il leur sert même de « doudou » (sic). « Dès qu’elles arrivent là-bas, on les marie […] En les épousant, elles deviennent leur patrimoine. Quand elles sont mariées, elles sont à trois ou quatre dans une maison car il y a de la polygamie. » Puis « ils les mettent enceintes le plus tôt possible ».

Les parents sont démunis. La aussi. Tout ça... pour ça ? Tant d’activisme féministe pour en arriver là ? Tandis qu’à l’Assemblée nationale, une Sandrine Mazetier cherche des poils sur les « E », tandis qu’au gouvernement, Laurence Rossignol tweete avec componction sur un point aussi essentiel que la couleur du cartable, le logiciel « féminisme », exclusivement programmé pour taper sur les doigts du monde occidental, est impuissant face à l’islamisme. C’est le bug, le trou noir. Mieux : il en fait le lit. Car ces réalités, qu’il a appelées avec mépris stéréotypes et qu’il a voulu chasser par la porte, reviennent brutalement par la fenêtre, mais caricaturées et mortifères. « Aux filles, on fait croire qu’elles vont faire de l’humanitaire et aux garçons, qu’ils vont combattre les soldats de Bachar el-Assad. » Les islamistes jouent sur la corde des sensibilités sexuées - la générosité pour les unes, la bravoure pour les autres - pour les attirer à eux : comme si, niées autoritairement par notre société « non genrée », ces spécificités cherchaient par tous les moyens à s’employer ailleurs, là où on en voulait bien, même de la pire façon.

Le féminisme de ce dernier demi-siècle s’est résumé à deux aspirations : l’accession au monde du travail et à la liberté sexuelle. Ces filles-là, brillantes et athées, ont le « pack » en libre-service. Mais veulent tout plaquer pour un lointain « prince charmant »… avec pour tout bagage cet objet fétiche qu’elle cachent sous le matelas : leur niqab. De quoi faire avaler leur soutien-gorge à toutes les Élisabeth Badinter de France, jusqu’à la dernière agrafe. De quoi faire réfléchir toutes les Caroline De Haas, si elles sont un tant soit peu honnêtes : le combat féministe, dans sa forme actuelle, n’est pas seulement dérisoire, il est dévastateur.

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5 novembre 2014

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