Editoriaux - Société - Table - 5 novembre 2014

Comment les ados françaises se jettent dans les filets de l’islamisme…

Sur le site du Figaro Madame, l’anthropologue Dounia Bouzar, cofondatrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), évoque l’embrigadement des jeunes Françaises par les islamistes radicaux : certaines n’ont que 14 ans, la plupart ne sont pas issues de familles maghrébines, beaucoup sont athées. Toutes sont bonnes élèves (contrairement aux garçons « ciblés » par les islamistes, le plus souvent en échec scolaire), se projettent dans un métier altruiste – médecin, infirmière, assistante sociale – et s’en sont ouvertes sur Facebook. Il semblerait que ce soit ainsi que les « chasseurs de têtes » islamistes les repèrent. « L’une d’elles avait posté des photos d’un camp humanitaire au Burkina Faso où elle s’était rendue l’été. »

Reste ensuite à les épouvanter avec quelques photos d’enfants déchiquetés en Syrie, et à les séduire avec la perspective d’un « prince charmant barbu » grand, fort et valeureux, qui les attendrait là-bas. Tout en travaillant à détacher les liens familiaux. Elles portent le niqab à l’insu des parents. Caché sous leur lit, il leur sert même de « doudou » (sic). « Dès qu’elles arrivent là-bas, on les marie […] En les épousant, elles deviennent leur patrimoine. Quand elles sont mariées, elles sont à trois ou quatre dans une maison car il y a de la polygamie. » Puis « ils les mettent enceintes le plus tôt possible ».

Les parents sont démunis. La société aussi. Tout ça… pour ça ? Tant d’activisme féministe pour en arriver là ? Tandis qu’à l’Assemblée nationale, une Sandrine Mazetier cherche des poils sur les « E », tandis qu’au gouvernement, Laurence Rossignol tweete avec componction sur un point aussi essentiel que la couleur du cartable, le logiciel « féminisme », exclusivement programmé pour taper sur les doigts du monde occidental, est impuissant face à l’islamisme. C’est le bug, le trou noir. Mieux : il en fait le lit. Car ces réalités, qu’il a appelées avec mépris stéréotypes et qu’il a voulu chasser par la porte, reviennent brutalement par la fenêtre, mais caricaturées et mortifères. « Aux filles, on fait croire qu’elles vont faire de l’humanitaire et aux garçons, qu’ils vont combattre les soldats de Bachar el-Assad. » Les islamistes jouent sur la corde des sensibilités sexuées – la générosité pour les unes, la bravoure pour les autres – pour les attirer à eux : comme si, niées autoritairement par notre société « non genrée », ces spécificités cherchaient par tous les moyens à s’employer ailleurs, là où on en voulait bien, même de la pire façon.

Le féminisme de ce dernier demi-siècle s’est résumé à deux aspirations : l’accession au monde du travail et à la liberté sexuelle. Ces filles-là, brillantes et athées, ont le « pack » en libre-service. Mais veulent tout plaquer pour un lointain « prince charmant »… avec pour tout bagage cet objet fétiche qu’elle cachent sous le matelas : leur niqab. De quoi faire avaler leur soutien-gorge à toutes les Élisabeth Badinter de France, jusqu’à la dernière agrafe. De quoi faire réfléchir toutes les Caroline De Haas, si elles sont un tant soit peu honnêtes : le combat féministe, dans sa forme actuelle, n’est pas seulement dérisoire, il est dévastateur.

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