Le 5 décembre 2016 s’est déroulée, au pied de l’Arc de Triomphe et autour de la tombe du soldat inconnu, une grandiose manifestation afin de commémorer, en présence de 1.000 drapeaux, les 100.000 morts de la « guerre d’Algérie » : 25.000 soldats, 75.000 harkis et 751 tués ou disparus, après le 19 mars 1962, sans, bien sûr, oublier les 3.000 civils massacrés le 5 juillet à Oran.

Organisée par le CDC (Centre de défense des combattants d’Afrique du Nord), en partenariat avec le Secours de France et en présence de 12 associations, dont l’ASAF (Association de soutien de l’armée française).

Comme vous avez pu le constater, sur ordre des autorités, cette manifestation patriotique a été ignorée par la majorité des médias nationaux et la télévision.

Parmi ces mille drapeaux, regroupés par la très grande majorité des associations patriotiques, on ne pouvait que regretter l’absence des drapeaux de cette Fédération d’anciens combattants qui, à cause de son idéologie partisane, refuse obstinément de rendre hommage à ces milliers de soldats et de civils tombés sur le champ de bataille après le 19 mars 1962, comme s’il y avait des morts de droite et des morts de gauche ! Ne sont-ils pas tous des morts de France !

S’obstiner, ainsi, à nier une telle réalité, c’est rejoindre ces négationnistes qui refusaient d’accepter la réalité des camps de la mort nazis et la Shoah.

Un drapeau est l’emblème qui représente la patrie et sous lequel on tombe pour la défendre, pour le défendre.

Pour ceux qui en doutent, voici l’exemple du drapeau des anciens combattants de Mostaganem (Algérie), qui honore les campagnes d’Italie, de libération de la France métropolitaine et de l’Indochine.

Tcham Kouider portait ce drapeau aux cérémonies patriotiques et aux obsèques de ses camarades tombés dans cette guerre qui n’avait, alors, ni nom ni loi.

Pour tout l’or du monde, il n’aurait pas renoncé à cette charge glorieuse, et cela malgré les menaces de mort.

Kouider fut abattu par un terroriste FLN le 14 février 1957.

Lors de ses funérailles, c’est son compagnon, Caid Mechta, qui portait ce même drapeau. Il sera assassiné le 21 juin 1957.

À son tour, Benserade Yahia inclina ce drapeau sur la tombe de Caïd Mechta. Il refusa de le céder à un autre lors des cérémonies du 14 Juillet et fut exécuté le 8 août 1957.

Hennouni Besseghit devint le quatrième porte-drapeau de cette même année. Il sera assassiné le 5 octobre 1957.

Lui succéda Hadj Gachegache, exécuté à son tour le 27 août 1958.

Puis Bey Bagdad, tué le 14 juillet 1959 à l’issue des cérémonies.

Ensuite Addad Ali, assassiné le 11 septembre 1959, et le suivant, Rahmouni Lakdar, exécuté le 7 novembre 1960.

Le dernier porte-drapeau, de l’époque française, sera Belarbi Larbi. Il reçut une balle dans la tête le 16 janvier 1961. Miraculeusement resté en vie, il sera rapatrié vers la métropole, en emportant son drapeau, puisque la terre où il était né n’était plus française.

Belarbi Larbi est mort à Mantes-la-Jolie en mai 1996.

Il était le dixième porte-drapeau à avoir donné sa vie pour l’honneur de le dresser.

Ce drapeau était présent ce 5 décembre 2016, sous l’Arc de Triomphe, pour leur rendre un vibrant hommage.

20 décembre 2016

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