Coïncidence ? Alors que Valeurs Actuelles sort un numéro consacré à Éric Zemmour, la presse se fait l’écho de la candidature de Robert Ménard à l’élection municipale de Béziers, pour y ajouter aussitôt « soutenu par le Front national ». Et le 30 mai, dans l’édition de 23 h de BFMTV, alors que ledit Robert était interrogé en duplex, la moitié de l’écran était occupée par des images de Marine Le Pen en campagne électorale…

Il fallait bien ce soutien pour parler d’un journaliste que ses confrères affectent d’ignorer depuis qu’il a quitté ses attaches de gauche pour tenir son propre cap, avec pour seule boussole la défense de la liberté de pensée. La horde de chiens de garde de la pensée unique ne pouvait décemment pas reconnaître comme l’un des siens un tel trublion. Celui dont on ne parle pas n’existe pas, disait le regretté Vladimir Volkoff dans sa Petite histoire de la désinformation.

Comme Zemmour, Ménard a le courage de dire non. Non à l’étouffante pensée unique, non à un système qui se réclame sans cesse d’une philosophie des Lumières qu’il n’a pas lue, mais qu’il renie avec constance dès qu’il s'agit d’accepter la différence d’opinion. Ou qui, au contraire, la porte à son paroxysme, version Saint-Just : pas de liberté pour les ennemis de la liberté.

Comme Zemmour, Ménard a le courage de dire ce qu’il pense, de l’écrire, et surtout de permettre aux autres de l’exprimer. Ici, où quelques plumes de toutes obédiences voisinent en bonne intelligence, soucieuses avant tout d’aérer la pensée et de briser les tabous. À la radio ou à la télévision, en dépit des attaques, des pressions et des condamnations judiciaires, où Éric ferraille avec un rare talent contre les imbéciles et les pisse-froid. Éric, Robert, mais aussi tous ceux qui, encouragés par des précurseurs, s’attachent à libérer la parole.

Désormais Robert, comme Éric, sera poursuivi et condamné à la moindre incartade. Certes, il le sait, mais tout le monde n’a pas vocation à devenir victime d’une justice aux ordres du pouvoir (quel qu’il soit). Marqué au fer rouge, il devient paria.

Mais puisse-t-il avoir raison ! En expliquant à la télévision qu’il a pour Béziers quelques idées simples, fortes, et dépourvues de connotation idéologique, il souhaite rassembler les gens de bonne volonté autour de lui, sans frontières partisanes. En prédisant que cela se produira dans d’autres villes dans un mois, six mois ou un an ; en rappelant que les gens en ont assez de se faire traiter de fachos, et qu’ils ont infiniment plus de droits à apprécier ce qui se passe chez eux que les journalistes parisiens.

Puisse-t-il faire des émules. Des candidats capables de renverser les barrières partisanes, de piétiner le piège mitterrandien de la diabolisation, de mépriser le « qu’en dira-t-on » et de proposer à nos concitoyens de reprendre, chez eux, chez nous, le pouvoir dont les élites les ont spolié. Populisme, criera-t-on chez les gens bien. Trahison, souffleront les états-majors de l’UMPS. On leur reprochera de faire gagner la gauche en divisant les voix de droite sans comprendre que, droite ou gauche, c’est la France qui leur importe.

Mais quelque chose me dit, dans cette ambiance délétère qui fait se lever le pays réel, qu’on n'a pas fini de parler de ces courageux-là.

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3 juin 2013

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