Comble du comble, quand l’État en vient à se racketter lui-même !

La pression fiscale serait-elle arrivée à sa limite maximum ? Deux éléments viennent apporter un début de réponse qu’il conviendra de vérifier courant 2015. La première est la promesse fiscale (encore une) de François Hollande de ne plus taxer une France malade de l’impôt. Outre cette promesse qui n’engage que les bienheureux qui la reçoivent, une autre nouvelle bien inquiétante montre à quel point la France est entrée dans la phase critique. Le commissaire à l’investissement, Louis Schweitzer, explique de manière dégagée comment l’État en est venu à se servir dans ses propres crédits d’investissements pour boucler les fins de mois…

Il y a des situations qui laissent pantois. Celle contée par le nouveau commissaire à l’investissement, Louis Schweitzer, a toute sa place au Panthéon de la médiocrité gouvernementale. Dans une interview accordée au Figaro, Schweitzer annonce sans sourciller le moins du monde que l’État a allègrement « pioché » dans l’enveloppe destinée au Programme d’investissements d’avenir. Mis en place sous la présidence Sarkozy, il n’aura pas fallu attendre plus d’un an pour que certains crédits voués à l’investissement ne viennent colmater les trous (grandissants) du Budget.

La technique ne date pas d’aujourd’hui, mais elle est choquante à plusieurs niveaux. Tout d’abord, le ton détaché de Louis Schweitzer dérange. Oui, cela arrive régulièrement, mais bon, que pouvons-nous y faire, semble-t-il dire… La parole donnée – celle de l’État – n’a donc plus aucune valeur et cela se confirme chaque semaine (écotaxe, autoroutes, etc.). L’exécutif se délégitimise encore un peu plus au point qu’on se demande si son objectif n’est pas de faire exploser le système. Ce qui choque également, c’est de voir que, pour boucler un budget sans vision et mal ficelé, on est obligé d’hypothéquer un peu plus l’avenir. Les crédits d’investissement d’avenir ne sont pas la panacée, mais quelques milliards investis sur des projets concrets et utiles pour préparer le futur sont plus que bienvenus.

Où sont les outils pour alimenter les entreprises et les rendre aussi compétitives que possible ? Le crédit impôt compétitivité emploi (CICE) est avant tout une vaste entreprise de communication, les augmentations de charges démentielles depuis plusieurs années ayant tué dans l’œuf les fruits du CICE. Les banques ne prêtent plus car elles n’en ont ni l’envie ni les moyens. Reste le système D ou une plate-forme comme EnterNext qui permet à des PME de se financer sur les marchés. Quelle autre solution pour l’écrasante majorité des entreprises ? Quel avenir pour les entreprises et l’emploi en France ?

L’État fait donc savoir qu’il n’est plus responsable de rien et que tant qu’on ne l’arrêtera pas, il continuera à dépenser l’argent à vau-l’eau en ayant le culot de se voler lui-même. Peu importe l’avenir ! L’Europe (pas blanche comme neige, certes) sera le parfait bouc émissaire comme cela remonte dans les discours de politiques de droite et de gauche de plus en plus nombreux. Si l’Union européenne venait à intervenir directement en force tutélaire, la France perdrait le reste d’indépendance qu’elle possède encore. Serait-ce pour autant un moyen efficace de ne plus jouer au jeu malsain de l’auto-racket ? Pas certain. Médiocrité, quand tu nous tiens…

À lire aussi

Impôt sur le revenu : un trou à 6 milliards et pas mal de brouillard 

Ça se confirme, Hollande et ses amis sont vraiment fâchés avec les chiffres. …