Disons le tout de go. Je n’ai pas une grande sympathie pour M. Tapie. Ce qui me préoccupe dans son affaire, c’est l’intérêt des Français ! Or, le pouvoir socialiste a choisi de faire annuler l’arbitrage qui accordait 400 millions d’euros de dédommagement pour la vente controversée d’Adidas par le Crédit lyonnais en prenant prétexte que les arbitres choisis pour régler le contentieux n’étaient pas neutres (ils ont même été inculpés d’escroquerie en bande organisée). Si on déduisait les dus par M. Tapie, celui-ci devait récupérer 250 millions d’euros, somme payée par l’État qui doit éponger les dettes de la banque au lion.

Si le fisc récupère vraiment une telle somme, on ne pourrait qu’applaudir. Malheureusement, au final, on dépensera peut-être bien plus que ce qui était prévu par l’arbitrage annulé !

La banque a fait une plus-value très confortable en vendant quelques jours après les avoir acquises les actions d’Adidas que M. Tapie, pris à la gorge, avait dû lui céder. Devait-elle avertir ou pas M. Tapie qu’un industriel était intéressé par la marque sportive ? Oui, affirme M Tapie, car le Crédit lyonnais avait un devoir de conseil. Non, répond cette dernière car « business is business ».

Saisie, la a rendu une de décisions favorables à l’homme d’affaires mais la procédure s’est éternisée, nous coûtant fort cher en frais d’. Pour en finir, parce que la vente même d’Adidas pouvait être tout bonnement annulée (ce qui aurait coûté 7 milliards d’euros) et aussi pour des raisons politiques, M. Sarkozy a choisi la voie (contestable car fort onéreuse) de l’arbitrage privé. Selon cette procédure, trois personnalités choisies pour leur compétence et leur « intégrité » indiquent ce qui leur semble juste. En théorie, ils jugent en leur âme et conscience et n’ont aucun lien avec les deux parties ; en outre, chacun pèse d’un poids égal dans la délibération. Dans la réalité, un des trois arbitres étudie en détail le dossier. Les deux autres apportent leur caution morale et vérifient que l’équité est respectée mais sans forcément aller au fond de l’affaire.

On murmure aussi que, parfois (souvent ?), l’arbitre « principal » sonde les deux parties et établit un compromis. Ceci ne respecte pas l’esprit de la loi car une décision de n’est, en théorie, pas négociable mais peut se comprendre. En fait, combien d’arbitrages rendus ces dernières années pourraient subir le même sort que celui qui nous occupe, car rendus dans le même état d’esprit ? Je parie sur une belle surprise…

Mais les socialistes n’en ont cure ! Tout dans leur désir de nuire à l’ancien Président, ils se sont lancés tête baissée dans une aventure dont le résultat n’est pas assuré. M. Tapie réclame 1,2 milliard ! Les obtiendra-t-il ? Je ne sais pas ! Mais s’il obtient plus que 300 millions, nous les Français aurons perdu. M. Hollande et son gouvernement ont joué à pile ou face avec notre argent ! N’aurait-il pas mieux valu en finir et ne plus rouvrir la boîte de Pandore ?

1 octobre 2015

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