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Editoriaux - Table - 5 septembre 2015

Combien de temps allez-vous, François, abuser de notre patience ?

« Oui ! Jusques à quand enfin, François, abuseras-tu de notre patience ? Combien de temps te reste-t-il pour esquiver nos coups ? Jusqu’où t’emportera ton arrogance sans frein ? Rien, ni l’anxiété du peuple, ni les manifestations de tous les bons citoyens, ni l’air ambiant, ni la détestable opinion que les gens ont de toi, non, rien n’a pu, jusqu’à présent, te déconcerter. Tes projets sont percés à jour ; ne le sens-tu pas ? Election après élection, le rejet est plus profond ; ne le vois-tu pas ? Ce que tu as fait la nuit dernière, et aussi la nuit précédente, où tu as été, qui tu as vu, crois-tu qu’un seul d’entre les Français l’ignore ? Ô temps ! Ô mœurs ! Tout cela, le peuple le sait, le peuple le voit. Jadis, le patriotisme régnait dans notre république ; il se trouvait des hommes de courage pour dénoncer implacablement les contempteurs de la loi, les profiteurs et les prébendés de toutes origines. Aujourd’hui…

Voici quarante mois que, depuis le Capitole, tu trompes le peuple, que tu lui mens, que tu le mènes à l’aveuglette vers la roche Tarpéienne. Tu aurais dû, François, être écarté il y a longtemps. Pourtant, tu es là ! Tu es là non pour renier tes erreurs, mais pour t’y affermir.

Quand la république court de terribles dangers, je veux ne pas m’y montrer indifférent. Il aurait fallu te chasser, François, et, pour cette inaction, je m’accuse de mollesse et de lâcheté. Et ce qu’il aurait fallu faire depuis longtemps, j’ai de solides raisons pour l’ajourner encore. Tu seras chassé lorsqu’on ne pourra plus trouver personne d’assez méchant, d’assez perdu de vices, d’assez semblable à toi pour te suivre. Tant qu’il y aura un homme pour oser te défendre, tu resteras. Oui, mais tu resteras cerné de toutes parts et partout des yeux, et partout des oreilles t’épieront à ton insu et te surveilleront sans cesse.

Eh bien, François, qu’attends-tu encore, si la nuit ne peut voiler de ses ténèbres tes conciliabules, si ta propre maison ne peut garder les secrets de tes affidés, si tout s’éclaire, si tout transpire ? Il est temps, crois-moi, de changer de méthode : renonce au mensonge et au mal. Tu ne fais rien, tu ne prépares rien, tu n’imagines rien qui ne me revienne aux oreilles et même que je ne voie et que je ne connaisse à fond.

Puisqu’il en est ainsi, Francisce, sors une bonne fois du Capitole ; les portes sont ouvertes, pars. Emmène avec toi tous tes gens, purges-en la ville. Quel charme, Francisce, peut encore avoir pour toi cette ville où, sauf tes complices, des hommes perdus, il n’est personne qui ne te haïsse ? Quel scandale domestique ne marque ta vie comme au fer rouge ? Quelle honte, dans ta conduite privée, ne s’attache à ton nom ? Tu perds ton temps, tu n’arrives à rien, mais tu ne te lasses pas d’essayer et de vouloir.

C’est la Patrie, notre mère commune, qui te hait, qui juge que, depuis longtemps, tu n’as en tête qu’une idée, porter sur elle une main parricide. Quitte cette ville, Francisce. »