Combats pour la défense de la civilisation : que fait l’Église de France ?

Si, parmi les participants à la Manif pour tous du dimanche 5 octobre 2014, nous pûmes apercevoir quelques membres du clergé catholique, pour l’essentiel de jeunes prêtres en soutane et des religieux en tenue monastique, force est de constater l’absence étonnante de représentants de la hiérarchie ecclésiastique.

À l’exception de personnalités comme Monseigneur Dominique Rey, patron du diocèse de Toulon, ou du primat des Gaules, Monseigneur Philippe Barbarin, qui apportent régulièrement leur soutien actif aux batailles menées par leurs ouailles pour la défense des valeurs de notre civilisation, la majorité de leurs confrères restent muets, alors que depuis le pontificat de Jean-Paul II, la voix de Rome se fait entendre avec vigueur pour transmettre au monde le message de l’Évangile.

Quoi qu’il en soit, la timidité actuelle de la plupart de nos prélats sur les questions dites de société qui agitent le monde contemporain n’est pas chose nouvelle sous nos cieux : une autre forme d’exception française, quand les évêques espagnols ou italiens n’hésitent pas à descendre nombreux dans la rue pour défendre la vie et la dignité de la personne humaine !

Cette situation s’explique essentiellement par l’histoire singulière de la France, marquée par la Révolution de 1789 et le bouleversement, non seulement politique, mais surtout intellectuel et religieux qui s’ensuivit et qui amena notre pays à incarner une référence pour les instigateurs de la révolution bolchevique, dont l’idéologie marxiste ne laissera pas indifférents certains prêtres, devenus à partir des années 1950-1960 les apôtres de la « théologie de la libération ».

L’élection d’un pape venu de l’Est, la chute du mur de Berlin et de l’Empire soviétique intervenue dans la foulée, changèrent toutefois la donne et contribuèrent à éveiller les consciences des catholiques français encore réceptifs au discours marxisant propagé par des revues comme Témoignage chrétien.

Mais la propagande anticléricale reprit alors sous une forme culpabilisatrice, accusant l’Église de n’avoir pas assez œuvré en faveur des juifs persécutés par le IIIe Reich, alors même que le rôle actif joué dans ce domaine par Pie XII et les institutions religieuses, en particulier dans la France occupée, est reconnu par tous les historiens, y compris de confession israélite (cf. « Pie XII et les juifs : le mythe du pape d’Hitler » du rabbin David Dalin).

L’Église étant aujourd’hui accusée d’être indifférente à l’évolution des mœurs, qui reflète en réalité la dérive libertaire et mercantile de nos sociétés et qui fragilise les plus humbles, nos évêques semblent comme paralysés et n’osent transmettre les principes enseignés par les encycliques pontificales.

Mais après avoir lu Léon Bloy, Péguy et Bernanos, les Veilleurs issus de la Manif pour tous ne manqueront pas, j’en suis certaine, de redonner à notre Église le souffle qui lui manque !

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