Cologne : les débats passionnés de Libé

Suite, dans Libération du 10 mars, de la série d’articles consacrés aux agressions de . Plus que les faits, connus désormais en long, en large et en travers, ce sont les débats passionnés qu’ils suscitent en France qui méritent pour l’heure notre attention.

Cette fois, c’est le « politologue » et « spécialiste de l’islam » Olivier Roy qui s’y colle (super-glu sémantique) avec un papier au titre prometteur : “Cologne, ou le tartuffe féministe”. Conformément à l’ulcération antiraciste déjà à l’œuvre dans l’article de Rokhaya Diallo le 25 février, sur le même thème et dans le même journal, Olivier Roy s’interroge : “Le harcèlement sexuel existe partout, alors pourquoi isoler le phénomène chez les musulmans ?”, avant de préciser plus loin que “l’Église belge a reçu plus de 400 plaintes pour pédophilie”.

Soit. Au prochain papier que Libération consacrera au scandale pédophile dans l’Église catholique, nous saurons trouver en Olivier Roy un vigoureux dénonciateur des agressions sexuelles de Cologne, conformément à sa mission de pourfendeur de  « tous les sexismes ».

Alors, “pourquoi isoler le phénomène chez les musulmans ?” La réponse paraît toute bête concernant Cologne : le mode opératoire était inédit en Europe, tant sur le plan de la « forme » que celui de l’ampleur, il avait été observé d’abord et depuis une décennie environ en « terre d’islam », puis fut perpétré à Cologne quasi exclusivement par des Arabes ou des Maghrébins, clandestins ou non, originaires de pays dits « musulmans » (ce qui permet, entre parenthèses, d’établir un lien supplémentaire avec les migrations récentes, au grand dam sans doute de l’ulcération antiraciste).

Par ailleurs, une étrange injonction de la « bourgmestre » de Cologne, Henriette Reker, à l’encontre des femmes allemandes en général, et donc des victimes en particulier, n’aura pas échappé à Olivier Roy : celle de modifier ou d’adapter à l’avenir leur comportement vestimentaire ou culturel afin de ne pas offenser outre mesure la pudeur déjà malmenée d’hôtes indésirables aussi nombreux que clandestins en Allemagne.

Nous concernant, c’est le silence non moins étrange d’Olivier Roy ainsi que de Rokhaya Diallo qui, à cette occasion, nous troue pour ainsi dire la rondelle, sauf notre respect sincère à leur égard. À l’évidence, le “tartuffe féministe” ne saurait appartenir forcément au camp crypto-facho-islamophobe.

Curieusement, c’est un papier du même journal Libération qui, quatre jours plus tard (15 mars), nous offre un élément de réponse. C’est tout à son honneur, et peut-être même un « signe » ! De la plume de Gilles Kepel et Bernard Rougier, et intitulé “Radicalisation et islamophobe, le roi est nu”, deux écoles s’affrontent, y disent-ils. L’une d’elle “dilue dans la généralité un phénomène dont il est interdit de penser la spécificité”, le corollaire de cette dilution étant, toujours selon les auteurs, “la peur de l’islamophobie”“Posture intellectuelle”, continuent-ils hardiment, “dont Olivier Roy est le champion”. Chapeau, Messieurs !

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