Editoriaux - Médias - Radio - 27 juin 2013

Cohn-Bendit sur Europe 1. Et Harlem Désir sur RMC ?

Europe 1 élimine les intermédiaires. Plutôt que d’embaucher un journaliste pour propager la pensée dominante, la station s’adresse directement à un fournisseur. Daniel Cohn-Bendit, grossiste en idées dans le sens du vent devient donc chroniqueur de la matinale d’Europe 1 à partir de septembre prochain. L’aveu d’appartenance est clair. Le message limpide. Cartes du PS et Front de gauche en vente dans le hall… D’autres radios ne manqueront peut-être pas de s’inspirer de la démarche : Mélenchon sur France Inter, Cahuzac sur RTL et Harlem Désir sur RMCRire et Chansons lorgne sur Montebourg ; hélas il est déjà sous contrat pour une tournée dans des usines en liquidation où son numéro ne trouve pas vraiment son public.

Cohn-Bendit a le petit plus qui fait les grands artistes, à savoir qu’il peut tout faire. Lanceur de pavés en lever de rideau, ambianceur de crèche municipale, écolo de circonstance et, clou du spectacle, planqué au Parlement européen ! Un vrai polyvalent du music-hall. Bientôt dans les studios d’Europe 1 où la climatisation laisse encore un peu d’air à brasser. De ballons à faire tourner…

À force d’enfoncer un clou, il arrive que le mur se fissure, disait Mr. Bricolage. Ignorant cette maxime, les dirigeants des médias s’imaginent naïvement que le bal peut durer jusqu’à l’aube. Voient-ils que les danseurs commencent à présenter quelques signes de fatigue ? Visiblement non. Bien au contraire. Ça surenchérit à tout va. Un instinct de mort, peut-être. Le suicide tranquille. Le sourire aux lèvres, la suffisance jusqu’aux oreilles, ils creusent leur sillon sans voir qu’il les mène contre un mur… Un mur électoral en béton qui laissera peu de survivants. Une vraie boucherie !

L’arrivée de Cohn-Bendit au micro d’Europe 1 est réjouissante. Arrivé à ce stade de partisanerie, toute nouvelle initiative façon Corée du Nord est bonne à prendre. Plus la peine d’expliquer, d’argumenter ou démontrer : ils s’en chargent eux-mêmes. Ne prennent même plus la peine de cacher les ficelles. C’est plaisant. Marine Le Pen et Dupont-Aignan peuvent prendre des vacances, Bourdin & Co. se chargent de racoler les électeurs. Qui a dit que le pluralisme d’opinion était mort ?

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