L’affaire Dieudonné s’est terminée par l’interdiction “a priori” de ses spectacles, après une décision du Conseil d’État rendue en urgence. Qu’en avez-vous pensé ?

La difficulté n’est pas de prendre position en faveur des gens qui pensent comme nous, ou à peu près comme nous, mais de défendre la liberté d’expression de ceux dont les convictions sont totalement contraires aux nôtres, et même y attentent fondamentalement. Le parti de l’In-nocence, je dois le reconnaître, a eu beaucoup de mal à publier un communiqué pour protester contre les mesures d’interdiction de spectacle visant M. M’bala M’bala. Paraître soutenir Dieudonné, fût-ce du bout des lèvres, fût-ce sur un unique point particulier — sa liberté d’expression —, ça ne nous venait pas facilement, c’était vraiment contre-nature. Mais enfin nous l’avons fait. Nous y avons mis le temps, notre texte est un peu alambiqué, mais nous nous sommes élevés contre les décisions frappant l’humoriste, au motif que la liberté d’expression ne se divise pas — ce n’est pas à Boulevard Voltaire que je vais le rappeler.

Est-ce un coup de canif porté à la liberté d’expression ?

C’est mon avis, quoique certains juristes, même parmi nous, soutiennent le contraire. Le plus inquiétant ce sont certaines déclarations de Mme Vallaud-Belkacem qui donnent à penser qu’il ne s’agit que d’une répétition, et que le pouvoir remplaciste — celui qui promeut le changement de peuple, le Grand Remplacement — s’est donné une arme de plus pour faire taire et pour diviser les dissidents antiremplacistes, vous, moi, tous nos amis antiantiracistes, qui commencent à reprendre espoir et à se fédérer. À cet égard Dieudonné est une fameuse arme de division, entre les mains du pouvoir : il n’est que de voir le profond malaise que provoque sa décision annoncée de se joindre, avec ses inquiétants partisans et ses dangereux alliés, à la manifestation du 26 janvier. Je me vois mal, pour ma part, manifester aux côtés de Dieudonné et de ses amis. Cela dit, j’imagine qu’on peut difficilement les empêcher de venir.

Impossible de ne pas vous interroger sur l’affaire Hollande/Gayet. Les médias ont-ils eu tort, comme on l’a beaucoup lu, de ne pas respecter la vie privée du président de la République ?

Absolument. C’est la fin d’une tradition française qui était tout à l’honneur de notre pays. Closer a réussi le tour de force de rendre Mme Trierweiler presque sympathique, ou en tout cas pitoyable, digne de pitié, ce qui n’était pas assuré au départ. Cela dit, les principaux responsables de la situation actuelle, ce sont tout de même le président de la République et elle — lui surtout. Ils ne sont pas mariés, leur union n’a aucun statut juridique. C’est bien entendu leur droit le plus strict mais alors pourquoi ont-ils imposé officiellement ce lien strictement privé aux Français et à la terre entière, président des États-Unis et empereur du Japon compris, qui n’en revenaient pas de cette muflerie ? C’est eux qui ont fait de leur vie privée quelque chose de public, en allant jusqu’à officialiser l’expression de Première Dame, First Lady, aussi purement américaine que la main sur le cœur de Nicolas Sarkozy pendant les hymnes nationaux ou que la syntaxe de nos prétendues “élites”, qui maintenant parlent anglais même en français. Première Dame est déjà absurde, en France, pour une épouse de président, mais devient grotesque pour une maîtresse. La télévision parlait sans rire, hier, du cabinet de Mme Trierweiler ! François Hollande ne peut pas reprocher aux Français de s’intéresser à Mlle Gayet si elle doit être présentée en leur nom à Vladimir Poutine ou au Saint-Père, si libéral.

On dit que nous sommes la risée de la presse étrangère : quelles conséquences cette affaire aura-t-elle pour la France ?

De toute façon la France est déjà la risée du monde entier, qui n’en croit pas ses yeux de la voir se laisser coloniser par ses anciens colonisés, et ses gouvernements encourager sur son sol la substitution ethnique.

14 janvier 2014

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