Editoriaux - Justice - Médias - Politique - Presse - Sciences - 8 décembre 2016

Climat : « le grand succès du quinquennat »

La COP22 s’est achevée le 25 novembre dans une discrétion médiatique assez inhabituelle. Elle avait lieu à Marrakech et les participants devaient concrétiser la ratification de l’accord de Paris sur le climat. Pour cela, il faudra attendre 2020, au grand désespoir de la délégation française dirigée par Ségolène Royal. Comme chaque fois depuis 1995, ils ont promis de se revoir l’année prochaine, reportant une fois de plus le “sauvetage de la planète”. Il faut dire que le contexte climatique et politique n’est plus à l’euphorie comme en 2015.

Tout d’abord, l’organisme scientifique américain NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration/Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique) a publié récemment un graphique montrant que 2016 est l’une des années où il y a eu le moins de tornades aux USA : comment réveiller les consciences si la nature ne joue pas le jeu de l’alarmisme ? Alors que 2015 avait battu des records de chaleur à cause du phénomène naturel “El Niño”, une “La Niña” a débuté en septembre, annonçant un refroidissement global qui ne va pas non plus dans le bon sens. Et puis, pour arranger les choses, l’activité solaire est au plus bas et tout cela se ressent. En novembre, des records d’enneigement ont été battus dans l’hémisphère nord. Certes, la formation des glaces de mer en Arctique a accusé un certain retard, information aussitôt relayée par les médias et mise sur le compte du réchauffement global, mais – information passée inaperçue – le Groenland a battu des records de vitesse de formation de la glace, gagnant depuis le 1er septembre 3,5 milliards de tonnes par jour !

La Suède a enregistré les plus fortes chutes de neige en novembre depuis 1905, date du début des mesures, et les températures en Scandinavie ont été 10 à 13 °C en dessous de la normale. Ces événements ont touché également le Kazakhstan, la Nouvelle-Zélande et les pays comme la Roumanie, la Moldavie et l’Ukraine.

Mais le « refroidissement » le plus important a probablement été causé par la nomination de Myron Ebell à la tête de l’Agence de la protection de l’environnement des USA (Environmental Protection Agency), début de la concrétisation d’une promesse de campagne de Donald Trump. Certains de nos journaux se sont indignés de « l’indécence » de cette nomination. Il faut rappeler que ce monsieur avait eu son portrait placardé dans les rues de Paris par de gentils membres d’une ONG écoresponsable, durant la COP21. J’avais relaté ces faits dans un article sur Boulevard Voltaire concernant Bjørn Lomborg, qui avait subi le même sort, tandis que notre presse “mainstream” n’avait alors pas trouvé sujet à indignation. Patrick Cohen s’est même “payé sa tête” sur France Inter, Myron Ebell ayant affirmé que le CO2 n’est pas un polluant. Notre journaliste devait ignorer qu’effectivement, il ne polluait pas l’air du studio en récitant sa chronique, mais les oreilles de certains auditeurs !

Il est vrai qu’en France, une telle déclaration est impossible de la part d’un homme politique, d’autant plus que François Hollande n’a pas hésité à affirmer, durant son allocution de renoncement à se représenter à l’élection présidentielle, que la France est à la tête de la lutte contre le réchauffement, ce point étant présenté comme un succès de son quinquennat par le journal Le Monde. Il faut dire qu’il y a mis le prix, car nous devrions investir 5 milliards par an d’ici 2020 pour cette cause, sur les 100 milliards de dollars par an de l’engagement financier pour les pays en voie de développement. Il est fort à parier, cependant, que dans les mois qui viennent, la nomination de Myron Ebell devrait quelque peu ternir ce succès…

(Cet article a été écrit sur des informations datant du 26 novembre. Il semble que Donald Trump se soit ravisé dans ses choix. Aux dernières nouvelles, il a préféré placer Scott Pruitt ministre de la Justice de l’Oklahoma à la tête de l’EPA. Il n’a cependant pas changé sa ligne de conduite car Pruitt est également un climato-sceptique des plus durs).

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