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Climat : le débat est ouvert si on reste dans la pensée unique

Suite à une réunion organisée par le magazine Marianne sur le thème “Peut-on encore débattre en France ?”, Philippe Bilger titrait, le 22 octobre, « On peut encore débattre en France : oui, mais… » et il pointait du doigt le véritable problème : “Qui a le droit de débattre ?”

Sur le thème du climat, les choses sont claires : vous avez le droit au débat si vous pensez que le gaz carbonique (CO2) est un polluant, qu’il dirige le climat et que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est une institution exemplaire qui détient la vérité scientifique sur le sujet. Si ce n’est pas le cas, passez votre chemin et surtout taisez-vous car vous risquez une volée d’injures, comme le célèbre « connard » prononcé par Nathalie Kosciusko-Morizet, ou d’invectives méprisantes comme la réponse adressée au professeur István Markó de l’Université catholique de Louvain par Sylvestre Huet, journaliste et blogueur du journal Libération, suite à une proposition de débat que celui-ci lui avait adressée.

Cette proposition faisait suite à un article de ce quotidien du 15 octobre où, en toute conscience professionnelle, il dressait une liste de personnalités, dont certains scientifiques, ayant osé publiquement remettre en cause les dogmes établis. Dans cet article, il n’hésitait pas à employer le tutoiement avec des phrases du type « István, secoue-toi un peu, il y a interro de climato demain », renvoyant ces éminents personnages à « leurs manuels élémentaires », lui, diplômé d’une licence d’histoire. Pour information, monsieur Huet a courageusement refusé tout débat public, préférant une réponse ironique sur son blog.

Donc, si au mieux vous risquez l’humiliation, au pire, c’est la mise à pied qui vous attend, si votre patron obéit aux ordres du gouvernement dont l’obsession du moment est le succès de la COP21 ! C’est l’aventure qui est arrivée à , le chef du service météo de France Télévisions, qui a eu le malheur d’écrire un livre où il exerce consciencieusement son métier de journaliste, en dénonçant la politisation du GIEC et ses méthodes qui, précisément, excluent tout débat scientifique.

Seuls dix parlementaires, dont il faut saluer l’exemplarité sur ce sujet, se sont émus de cette situation et ont écrit une lettre à la nouvelle patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte, dont le credo avait pourtant été, lors de sa nomination, l’ouverture à la pluralité de l’information. Qu’ont fait nos 567 autres députés et nos 348 sénateurs ? Ne lisent-ils pas la presse ? Il est vrai que les confrères de Philippe Verdier ne se sont pas non plus précipités sur cette affaire pour dénoncer une atteinte à la liberté d’expression. Une journaliste du Monde est même allée jusqu’à tweeter que cette mise à pied était une « bonne nouvelle ». Il est bien loin, le temps du Je suis Charlie, et démonstration est faite qu’une fois de plus, n’est pas Charlie qui veut.

En France, on a donc le droit de débattre de tout, à condition d’être d’accord avec la pensée unique.

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